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Le gouvernement de gauche espagnol a adopté, jeudi, un ensemble de mesures de plus de deux milliards d’euros pour lutter contre la sécheresse et le manque d’eau et venir en aide à l’agriculture.
Face à la sécheresse virulente qui sévit en Espagne, le gouvernement de gauche espagnol réagit. Il a adopté, jeudi 11 mai, un ensemble de mesures de plus de deux milliards d’euros pour lutter contre ce phénomène et le manque d’eau, ainsi que pour venir en aide à l’agriculture.
Le pays fait face actuellement à une sécheresse dramatique : le niveau des réservoirs du pays – qui stockent l’eau de pluie afin de pouvoir l’utiliser lors des mois plus secs – est tombé durant la première semaine de mai à 48,9 % de leur capacité, et même beaucoup plus bas en Catalogne et en Andalousie, les deux régions les plus touchées.
Ces mesures d’urgence ont été présentées à la presse à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire consacré à ce thème, une illustration à la fois de l’urgence de la situation et de l’importance qu’y accorde le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez.
Ce plan a été adopté à un peu plus de deux semaines d’élections municipales et régionales où le thème de l’eau est devenu central, ce qui a amené l’opposition de droite à accuser l’exécutif d' »électoralisme ».
Sur ce total de quelque 2,19 milliards d’euros, un peu moins des deux tiers (1,4 milliard d’euros) serviront à la construction de nouvelles infrastructures pour remédier à la pénurie d’eau, notamment des usines de désalinisation de l’eau de mer ou des systèmes pour accroître la réutilisation d’eaux usées. Le reste (784 millions d’euros) sera consacré à une aide multiforme à l’agriculture, dont près de la moitié pour venir en aide à l’élevage et aux producteurs de lait.
Des épisodes de sécheresse « chaque fois plus fréquents et plus intenses »
« L’Espagne est un pays habitué à affronter des périodes de sécheresse, mais en raison du changement climatique, nous avons une incidence beaucoup plus importante d’épisodes chaque fois plus fréquents et plus intenses », a déclaré la ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, lors d’une conférence de presse.
Le manque d’eau dont souffre le pays a poussé de nombreux agriculteurs à renoncer aux semis de printemps, notamment de céréales et d’oléagineux, avec le risque de provoquer des pénuries alimentaires et une explosion des prix des produits concernés.
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Après une année 2022 déjà très mauvaise en termes de pluie et de températures, l’Espagne a enregistré cette année son mois d’avril le plus chaud et le plus sec depuis au moins 1961, début de la série statistique qui sert de comparaison à l’Agence météorologique nationale (Aemet).
Le principal syndicat d’agriculteurs, le Coag, estime que 60 % des terres agricoles sont actuellement « asphyxiées » par le manque de précipitations, alors même que le sud-est du pays, grâce à une irrigation forcenée, est considéré comme le « potager de l’Europe ».
Avec AFP
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