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Au deuxième jour de sa visite d’État aux Pays-Bas, Emmanuel Macron a salué la coopération avec les Pays-Bas visant à renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe, lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Il a également défendu sa position sur Taïwan, affirmant que la France, comme l’Europe, soutient le statu quo.
Après une visite mardi à la Haye, où il a tenu un discours sur la souveraineté européenne, Emmanuel Macron a participé, mercredi 12 avril à Amsterdam, à une conférence de presse commune avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.
Le président français s’est félicité du renforcement des partenariats avec les Pays-Bas sur l’énergie, les transports et l’innovation ainsi que l’agriculture. Autant de chantiers qui visent à renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe. Nous voulons « faire ensemble et être à l’avant-garde » a-t-il affirmé. Il a également souligné l’importance du travail commun dans les domaines de la culture et du sport.
« Depuis six ans nous cheminons ensemble avec beaucoup d’efficacité et d’amitié » s’est-il félicité. « L’autonomie stratégique européenne n’est pas seulement un concept, elle est en train de devenir une réalité ».
Mark Rutte a salué l’amitié entre la France et les Pays-Bas, d’autant plus importante dans le contexte de la guerre en Ukraine. « Le soutien de nos partenaires de l’Otan est tout aussi essentiel » a-t-il précisé. « Sans le soutien des États-Unis, l’Ukraine n’aurait pas pu résister à toutes ces vagues d’attaques russes » a-t-il souligné.
Le Premier ministre néerlandais a remercié Emmanuel Macron et affirmé sa volonté d’accroitre l’indépendance de l’Europe. Nous avons besoin d’une Europe résiliente qui « s’exprime d’une seule voie » a expliqué Mark Rutte, estimant que le bloc devait être « chef de fil » de technologies propres.
Rattrapé par la réforme des retraites
Emmanuel Macron a entamé mardi une visite d’État de deux jours aux Pays-Bas axée sur l’Europe et le renforcement des partenariats entre les deux pays. Mais cette visite a été perturbée à plusieurs reprises par des manifestants hostiles à la politique du président.
Deux personnes, qui ont tenté d’approcher Emmanuel Macron en courant, ont été arrêtées pour « trouble à l’ordre public et menace » mercredi, alors que le président s’apprêtait à visiter un laboratoire à Amsterdam.
Une quarantaine de manifestants attendaient aussi le chef d’État à sa sortie de l’université, brandissant des banderoles et des pancartes.
Emmanuel Macron avait déjà été interrompu la veille, au premier jour de sa visite, lors d’un discours sur l’Europe à La Haye, par des militants critiques de sa politique climatique ainsi que de la réforme des retraites.
Lors de la conférence de presse de mercredi, il a défendu une réforme « nécessaire » pour « mettre de l’ordre dans les finances publiques suite à la pandémie ».
« Nous avons invité la France et nous aurions voulu éviter cela » a déploré Mark Rutte, signifiant son désaccord avec l’action des manifestants.
La décision du président français de recourir à la procédure du 49.3, soit une adoption du texte sans vote en engageant la responsabilité de son gouvernement, a ravivé mi-mars la mobilisation en France, avec des manifestations émaillées de violences.
« Pas de leçons à recevoir » sur Taïwan
Sa visite d’État intervient également en pleine polémique suite à ses propos controversés sur Taïwan. Alors qu’il revenait de Chine, Emmanuel Macron a estimé que l’Europe ne devait pas faire du « suivisme » envers les États-Unis ni la Chine en cas de conflit à propos de l’île.
Nous sommes pour « le statu quo sur Taïwan », la politique d’une seule Chine et un règlement pacifique de la situation, a affirmé Emmanuel Macron lors de la conférence de presse. « C’est la position européenne » a-t-il souligné.
Il a indiqué que « la France n’a de leçon à recevoir de personne, ni sur le théâtre ukrainien, ni sur le théâtre sahélien ni taïwanais », rappelant la présence ces derniers jours d’une frégate française dans le détroit.
« Être allié ne signifie pas être vassal » a-t-il par ailleurs expliqué, alors que de nombreux observateurs accusent la France de vouloir prendre ses distances avec Washington.
Répondant à une question sur les critiques outre-Atlantique, dont celles de l’ancien président américain Donald Trump, le chef de l’État français a affirmé qu’il ne participerait pas « à de l’escalade verbale ». « J’ai vu beaucoup de pondération et de cohérence de la part de la Maison Blanche » a-t-il ajouté.
Avec AFP et Reuters
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