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12 mars 2012

Solutions locales…

Des abeilles dans la ville

par Mélina Lhermite

Un an déjà que les abeilles ont envahi la ville de Tours. Encore peu répandues, de nouvelles ruches urbaines tourangelles devraient voir le jour d’ici quelques semaines. Où les trouver ? Pourquoi en prendre soin ? Qui s’en occupe ?

Peut-être les avez-vous déjà aperçues ou entendues bourdonner au détour d’une rue près de la cathédrale de Marmoutier sur les quais de Tours Nord ou près de l’aérodrome de Tours, autour du bâtiment de Val Touraine Habitat. Même si l’on y prête rarement attention, les abeilles tourangelles sont bel et bien présentes.

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En pleine expansion, les ruches urbaines se multiplient dans les rues de l’agglomération notamment grâce à l’association Biodivercity et leur fidèle et passionné allié, Ludovic Joubert. Depuis maintenant un an, l’association œuvre pour développer les ruches et, par la même occasion, sensibiliser les citoyens aux problématiques environnementales en partenariat avec des sociétés privées et des mairies. L’association installe et exploite les ruches puis propose des animations avec le publics des partenaires (écoles et centres de loisirs par exemple pour les communes, les salariés pour les entreprises). En contrepartie, les partenaires financent l’installation des ruches. En parallèle, Biodivercity anime également des ateliers autour des abeilles selon les différents publics. Aux enfants, elle explique leur rôle dans la nature, aux plus grands, elle apprend à gérer une ruche. Certains deviendront apiculteurs amateurs, les autres garderont simplement un beau souvenir. « Lors des animations, nous n’avons pas la prétention de résoudre tous les problèmes comme la disparition des abeilles mais nous essayons de sensibiliser au maximum le public à la nécessité de préserver les abeilles, » explique modestement Ludovic Joubert.

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Parce qu’il ne faut pas oublier l’importance de l’abeille pour l’équilibre de notre système environnemental. Sans elle, nous n’aurions simplement pas de fruits ! Lorsqu’elle butine, elle transporte du pollen de fleur en fleur et permet ainsi que ces fleurs deviennent des fruits. Sans ce transport du pollen, certains fruits n’existeraient pas (cerise, tomate, courge, fraise …). « Si les abeilles venaient à disparaître, nous finirions par ne manger que des pâtes ! » ironise Ludovic.

Et à l’origine de leur disparition, plusieurs raisons. A cause de l’agriculture moderne, les abeilles sont de plus en plus vulnérables. Les pesticides favorisent le développement de certains champignons nuisibles pour l’abeille ou simplement les empoisonnent. La baisse du nombre d’espèces florales est également responsable puisqu’elle entraîne des carences alimentaires chez ces animaux. Enfin, comme tout être vivant, l’abeille est victime de maladies, dues souvent à des acariens. Un en particulier : le Varroa. « Il n’y a pas un coupable mais des coupables, » rappelle Ludovic.

Après avoir récolté le miel de ses ruches, dès le mois de Mai, Biodivercity le vend principalement à ses adhérents mais également à un seul et unique commerçant : le bistrot 64, dans le Vieux Tours. En 2011, l’association a récolté environ une demi-tonne de miel pour une dizaine de ruches. Cette année, elle prévoit d’installer trente nouvelles ruches. Plusieurs partenariats sont en cours de signature ou même déjà presque en place avec notamment La maison de l’environnement ou encore la Caisse nationale d’assurance vieillesse de Tours.

Les ruches urbaines, un phénomène en plein boum, qui risque de continuer son ascension pendant encore de nombreuses années à cause notamment de la « volonté de revenir à des choses plus naturelles et plus authentiques ». Mais également, selon Ludovic Joubert, « pour les économies que cela permet et surtout pour le plaisir de travailler avec les abeilles ».


Un commentaire pour “Solutions locales…”

  1. Souffle 2.0 Mars 2012 at Souffle Magazine le 17 mars 2012, 15 h 03 min

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