Magazine Souffle, une bouffée d'air participative en touraine
12 mars 2012

Des tourangeaux qui ont fait du chemin

Evita et Orsolya, en Service Volontaire Européen et Service civique : “A Tours, les gens savent apprécier les petits plaisirs de tous les jours, prendre son temps…”

par Léa Carlat

Vous êtes en Service Volontaire Européen et en Service civique à STAJ, pouvez-vous tout d’abord expliquer aux lecteurs de Souffle ce que c’est, et comment vous avez pris contact avec STAJ?

Orsolya : Je suis en SVE (Service Volontaire Européen) depuis septembre 2011. Le SVE fait partie du programme “Jeunesse en action” élaboré par la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres de l’Union européenne. Le SVE a pour objectif de favoriser la participation des jeunes à diverses formes d’activités de volontariat dans les différents domaines (la culture, le sport, l’environnement, etc..)

Les conditions pour participer dans cette programme de volontariat sont ici.

Il existe une base des données en ligne (http://ec.europa.eu/youth/evs/aod/hei_en.cfm) où on peut chercher entre les différents projets, donc j’ai y trouvé STAJ. Après j’ai envoyé ma lettre de motivation et mon CV pour j’applique à cet projet.

Evita : Je suis venue à Tours l’année dernière dans le cadre du SVE. C’est STAJ qui a choisi ma candidature parmi les autres. Grâce à cette chance j’ai pu faire 10 mois de volontariat à STAJ. Cette année je fais un service civique (voir : http://www.service-civique.gouv.fr/) qui me permet de continuer mes projets de l’année dernière et démarrer les autres. C’est une expérience très enrichissante!

Quelles sont vos missions à STAJ?

Orsolya : J’ai deux missions différentes .

- Citoyenneté et mobilité européenne des jeunes.

Il s’agit de mener des actions pour la valorisation de la citoyenneté européenne et la promotion auprès des jeunes de la mobilité européenne sous toutes ses formes. Je mène et j’interviens des projets auprès de différents publics (étudiant, lycéens, jeunes souhaitant partir en SVE, stagiaires BAFA et BAFD, au sein de l’accueil de loisirs et auprès de tout public lors d’actions spécifiques).

Quelques activités ce que j’ai déjà fait: J’ai participé dans la journée Europe au lycée Becquerel (qu’on a organisé avec la Maison de l’Europe.) Je participe dans les réunions d’informations collectives sur SVE tout les mois au BIJ. Apprentissage interculturel: avec Evita, on a fait une soirée sur les stéréotypes pour le réseau STAJ et le réseau Anti-raciste 37 en décembre. J’étais dans la journée sur le volontariat organisée par la DRJSCS en décembre. Chaque mois, je participe dans les réunions « Journée de l’Europe 2012 » qui est organisée par le collectif Europe 37. (actions dans la rue, accueil des scolaires et du grand public).

Les objectifs de cette mission sont de promouvoir auprès des jeunes directement les actions de mobilité européenne et de participer à la dynamique locale et régionale de valorisation de la citoyenneté européenne.

- Animation locale et vie associative :

Je suis accueillie au sein d’un local inter-associatif (le Bocal), de nombreux salariés, bénévoles, adhérents passent sur le lieu. Je peux mener des animations au sein de ce lieu. (Par exemple: apéro interculturel ; soirées thématiques sur la Hongrie…)

Je pourrai aussi m’investir sur une action ouverte sur le quartier (animation de rue dans le cadre de projets spécifiques « Débattons Dans Les Rues », repas de quartier, jeux dans la rue…)

Les objectifs de cette mission sont de favoriser la rencontre et la connaissance au sein du local inter-associatif et d’animer le lieu commun avec la participation des associations.

Evita : Premièrement, je fais tout le travail qui concerne le SVE : les réunions d’information, l’accompagnement dans la recherche du projet/l’écriture d’une lettre de motivation, etc, toutes les démarches administratives pour faire partir les jeunes, la formation pré-départ, etc.

Puis, je suis en train d’organiser une session de BAFA au Portugal. Cette année nous mettons en place une formation à l’étranger qui a demandé la recherche de partenaires parce que la dernière session a l’étranger date de plusieurs années. Alors, j’ai recommencé cette organisation de zéro. C’est pas facile mais très intéressant!

Cette année on commence un autre nouveau projet. C’est un chantier international des jeunes pour la construction de camps nature. Je suis dans le groupe de travail et je vais faire aussi des animations pendant le séjour avec les jeunes.

Je continue un projet personnel que j’ai commencé l’année dernière. Le résultat de ce projet sera un livret de paroles des jeunes sur la mobilité.

Et un projet très récent est l’accompagnement préalable et l’encadrement des jeunes français lors d’un chantier en Italie.

De quels pays êtes vous originaires? (pouvez-vous les présenter aux lecteurs peu doués en géographie)

Orsolya : Je viens de Hongrie et j’habite à Budapest qui est la capitale de mon pays. La Hongrie est située en Europe centrale et on a au peu près 10 millions d’habitants. Il y a deux grandes rivières qui traversent la Hongrie : Le Danube (à Budapest) et le Tisza.

Elle a des frontières avec l’Autriche à l’ouest, la Serbie, la Croatie et la Slovénie au sud et sud-ouest, la Roumanie au sud-est, l’Ukraine au nord-est et la Slovaquie au nord.

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Evita : Je viens de Lettonie, c’est un petit pays d’Europe du Nord. C’est l’un des trois pays Baltes, la Lettonie est bordée a l’ouest par la mer Baltique, le pays est bordé par la Lituanie au sud et par l’Estonie au nord. C’est une république, il y a environ 2 millions d’habitants, la capitale est Riga et la langue est le letton.

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Pourquoi avoir choisi la France et pas l’Angleterre ou l’Espagne par exemple? Et Tours?

Orsolya : J’ai choisi la France car pour moi ça a toujours été un pays attrayant. Au lycée, j’ai déjà appris la langue française et je l’ai adorée. Je connaissais quelque films, quelque musique françaises, mais j’ai voulu mieux connaitre cette culture. Quand j’ai cherché sur quel projet m’inscrire, j’ai voulu en trouver un uniquement dans ce pays.

Avant j’étais une étudiante Erasmus aux Pays-Bas et là-bas je pratiquais déjà l’anglais donc après j’ai voulu améliorer mon français aussi donc c’était un autre argument pour choisir la France.

Evita : J’ai fait mon Erasmus en France avant de venir a Tours. Mais après ce séjour je me suis dit que je ne connaissais pas si bien la France car j’ai rencontré plein d’étrangers mais pas trop de français. Pour cette raison, j’ai voulu repartir en France pour mieux connaitre le pays, la culture et les gens.

Mais je suis venue a Tours par hasard car j’ai cherché un projet du volontariat dans une grande ou moyenne ville et c’était juste la première réponse positive que j’ai reçue.

Quelle représentation aviez-vous de la France avant de venir et qu’est-ce qui a changé après y avoir vécu?

Orsolya : Je savais que c’est un pays intéressant avec une culture riche. Bien-sûr j’ai eu quelques stéréotypes sur les français (ils mangent beaucoup des baguettes, ils parlent pas anglais, ils sont vraiment fiers de leur pays, etc..) qui sont vrais. Mais maintenant que je vis ici, je peux mieux comprendre votre mentalité, vos traditions et c’est intéressant pour moi. Et pour dire une chose que j’ai trouvé un peu étonnant : je pense que les français sont les gens les plus polis que j’ai rencontrés. Au début c’était un peu bizarre pour moi qu’on fait des bisous à beaucoup de monde, on remercie les choses souvent…

Evita : Je peux pas dire que j’ai eu un choc culturel. Je ne sais pas si vraiment il y avait quelque chose très marquant car j’ai pas eu trop de stéréotypes, j’étais plutôt ouverte pour voir comment les gens sont, quelles sont des habitudes, etc. Je pense que quand je voyage j’essaie de laisser tous mes préjugés à la maison pour découvrir vraiment.

Qu’est-ce qui vous semble le plus différent dans les modes de vie entre Tours et vos villes d’origine? Et qu’est-ce qui, au contraire, vous paraît universel ou du moins européen?

Orsolya : Ici ma vie est plus tranquille que avant à Budapest. J’ai un vélo avec lequel je circule, mais j’adore aussi faire une promenade dans le Vieux-Tours ou au bord de le Loire.

Je pense que les gens ici sont plus gentils et ils voient les chose de façon plus optimiste que les Hongrois et pour moi c’était une différence aussi entre les deux villes.

Et à mon avis, ils sourient plus que les gens à Budapest, et ça fait une ambiance amicale et j’aime bien ça.

Evita : Je trouve que Tours c’est une ville très calme si je compare avec ma ville d’origine. Il me manque le bruit de transport, des foules de gens dans les rues… Riga est trois fois plus grande et il me manque cette dynamique. Mais quand même j’aime bien Tours. C’est une ville agréable et très animée. Et grâce a sa petite taille il est facile de se déplacer très rapidement.

Est-ce que vous ressentez parfois des préjugés des tourangeaux à votre encontre?

Orsolya : Quelquefois je rencontre les gens qui ne savent pas exactement où est la Hongrie donc ils n’ont pas beaucoup des préjugés sur les hongroises, je pense…
A mon avis, la Hongrie n’est pas un pays super connu en France, peut-être c’est pour ça je ne rencontre pas de préjugés.

Evita : D’après mon expérience il n’existe pas de préjugés par rapport à mon pays parce que c’est une région pas très connue. Les français le connaissent pas trop et donc ils n’ont pas de préjugés

Hormis assez souvent les gens pensent qu’il fait très froid tout le temps chez nous (si ils connaissent où se trouve mon pays, ce qui n’est pas toujours le cas) C’est un préjugé qui n’est pas vrai car le climat est de type continental -  marqué par des hivers rudes et des étés chauds.

Qu’est-ce qui vous manquera le plus à votre avis quand vous serez parties?

Orsolya : Les repas français.

Evita : Je trouve qu’en France beaucoup des gens savent apprécier des petits plaisirs de tous les jours, prendre son temps… c’est difficile à expliquer mais j’aime bien cette habitude. Bien-sûr c’est un regard global et tout le monde n’est pas comme ça mais ici j’ai rencontré beaucoup des personnes qui m’ont inspirée par cette attitude.


Un commentaire pour “Des tourangeaux qui ont fait du chemin”

  1. Souffle 2.0 Mars 2012 at Souffle Magazine le 17 mars 2012, 15 h 01 min

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