Un contributeur à Copenhague
Il y a quelques jours, je racontais mon voyage et celui de deux exemplaires de Souffle, jusqu’à Copenhague, dans des conditions fatigantes mais idéales. Pour Rémi, contributeur chargé de la rubrique “On n’a qu’Une planète”, ça s’est pas passé tout à fait pareil… il nous raconte ça :
L’invitation au voyage. Refoulés climatiques à Copenhague
En marge du sommet sur le climat, un groupe de militants français expulsés du Danemark après une action non-violente.
Le 15 décembre autour de 16h45, 19 activistes français et belges non violents entrent dans le hall du « Climate group summit », rassemblement de leaders politiques et de lobbyistes. Ils s’assoient calmement en cercle en frappant dans les mains et en chantant « Our climate is not your business ». Assez rapidement, une cinquantaine de policiers danois les évacuent manu militari, malgré une résistance passive non violente. Après 12 heures de garde à vue dans les cages de la prison climatique, ils sont transférés dans une prison avec d’autres détenus de droit commun pour 14 heures avant de se voir refoulés en avion jusqu’à Paris, sans leur bagages laissés sur place.
Les négociations autour du climat sont biaisées par l’intervention des lobbies financiers et industriels (HSBC, Véolia … ) qui œuvrent pour leur seuls intérêts. Derrière le masque du capitalisme vert et de l’hypocrisie du green washing, les multinationales et les dirigeants politiques (Alain Juppé, prince Albert de Monaco …), main dans la main, perpétuent les mêmes modèles de « développement » injustes et insoutenables. C’est ce genre de réunions en coulisse qui empêche d’aboutir à un accord ambitieux.
Récit de la garde à vue d’un militant écologiste à Copenhague
Nous avons fait notre action pacifiquement, puis nous sommes retrouvé les menottes en plastique au poignet. Direction le commissariat bus de la police. Ensuite, photos et entreposage dans des cages en fer (prévues spécialement pour l’occasion). On avait chacun droit à un matelas de sol pour dormir.
Quelques heures plus tard un policier arrive: “Vous êtes mis en examen pour violence et pour avoir hurlé des slogans, ce qui est interdit au Danemark. Vous allez être expulsé. Reconnaissez vous les faits ?”. Réponse: “Non, on a été non violent. L’expulsion c’est une plaisanterie?”. Le type ne semblait pas plaisanter …
Jusque là on pensait qu’ils cherchaient juste à nous mettre la pression … On se dit qu’on a tapé au bon endroit
en manifestant dans un lieu réservé aux lobbies, et que les autorités sont assez fâchées… Peut-être veulent elles faire de nous un exemple, pour dissuader les futurs militants. Quoi qu’il en soit, l’ambiance du groupe n’est plus à la rigolade! Combien de temps va t-on passer ici ?!
Quelques heures plus tard, au matin, les flics nous réveillent à nouveau. Cette fois, direction la prison avant l’expulsion le plus tôt possible. Cette fois la plaisanterie n’amuse plus personne!!
Marc est le premier à être menotté et conduit vers la prison. On se regarde tous et nous pensons à un mauvais rêve. Mais ce sera bientôt à chacun d’entre nous d’être conduit à la prison de Copenhague les menottes au poignets.
Arrivés à la prison, on nous entasse dans une petite pièce, où nous sommes néanmoins heureux de retrouver nos camarades. Là, les matons viennent nous chercher les uns après les autres. Un type avec des gants en plastique nous accueille.: “Désabillez vous!”. La question qui me viens à l’esprit: Vais-je avoir droit à un toucher rectal. Réponse: Non. Ouf!
Une fois rhabillé, direction la cellule. Deja je suis rassuré d’avoir droit à une cellule individuelle, et de ne pas me retrouver avec le violeur du coin … Ensuite, quelques minutes plus tard, j’ai eu plaisir à retrouver dans ma cellule un de mes camarades : Germain.
Là, un matons passe pour nous expliquer les règles de vie en prison. Les horaires pour la bouffe, la sonnette pour aller pisser, etc. Au secours, je ne tiens pas à m’habituer!!
Quelques temps après, coup de téléphone de l’ambassade. Enfin quelqu’un à qui raconter notre histoire. La femme au téléphone nous explique que la police l’a appelée pour la prévenir. Vraisemblablement, les flics sont à la recherche du bus et de nos bagages…
Puis, vers 17h, c’est l’heure de la promenade. Nous pouvons enfin retrouver nos camarades d’infortune! Et également discuter avec un black block nantais, en détention préventive pour avoir balancé un pavé sur les flics…
Et de retour de la promenade, la bonne nouvelle tombe: direction l’aéroport, l’expulsion est pour tout de suite.
Mine de rien 24h pour un sitting, c’est cher payé…
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