Magazine Souffle, une bouffée d'air participative en touraine
12 mars 2012

Solutions locales…

“Valeurs en plus” : la mode équitable

par Florian Mons

Rue Colbert à Tours, la boutique de vêtement en coton bio et équitable “”Valeurs en plus” propose durabilité et éthique. Une manière de changer le monde ?

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12 mars 2012

Rencontre

Récupérer pour mieux créer

par Mélina Lhermite

Depuis près d’un an, Magalie Fort récupère des objets de la vie quotidienne pour en faire de l’art. Au fur et à mesure, cette passion est devenue une entreprise : Recup’art.

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12 mars 2012

Des BD-Souffle

« CARtoons. Le cauchemar automobile », Andy Singers, ed. L’Echapppée.

« …Et chacun est rentré chez son automobile… » chantait Nougaro. Posséder une voiture ou être possédé par sa voiture ? Réponse dans ce recueil de dessins d’Andy Singers, illustrateur régulier pour le journal « La décroissance ».

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« Reiser et l’écologie », Reiser, ed. Glénat

Si vous ne devez retenir qu’un titre de cette sélection, c’est celui-ci. Plus libre, Plus vif d’esprit, plus inventif, plus visionnaire et plus drôle que Reiser, on ne peut pas faire. Un recueil de planches didactiques, jubilatoires et salutaires, pour ne pas perdre l’habitude d’avoir des idées. A voir en guise de préface, cette vidéo de l’INA (Pardon pour la pub en introduction de la vidéo) :

http://www.ina.fr/divertissement/humour/video/CAA7601943001/plateau.fr.html

…ou encore celle-ci, où il présente sa propre installation solaire :

http://www.ina.fr/economie-et-societe/environnement-et-urbanisme/video/CAB7900769101/maison-de-jean-marc-reiser.fr.html

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« Galopu sauve la terre », Mattt konture, ed. L’Association

Avec cet album, Konture prend un air de famille avec Reiser. L’écologie au quotidien, autant que faire se peut, des trucs et conseils pour réduire nos nuisances.

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« Auto Bio » 1 et 2, Cyril Pedrosa

Une famille urbaine et écolo, c’est possible ? Oui mais c’est pas simple. Pratique, questionnements et autodérision…

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A suivre…

12 mars 2012

Des tourangeaux qui ont fait du chemin

Evita et Orsolya, en Service Volontaire Européen et Service civique : “A Tours, les gens savent apprécier les petits plaisirs de tous les jours, prendre son temps…”

par Léa Carlat

Vous êtes en Service Volontaire Européen et en Service civique à STAJ, pouvez-vous tout d’abord expliquer aux lecteurs de Souffle ce que c’est, et comment vous avez pris contact avec STAJ?

Orsolya : Je suis en SVE (Service Volontaire Européen) depuis septembre 2011. Le SVE fait partie du programme “Jeunesse en action” élaboré par la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres de l’Union européenne. Le SVE a pour objectif de favoriser la participation des jeunes à diverses formes d’activités de volontariat dans les différents domaines (la culture, le sport, l’environnement, etc..)

Les conditions pour participer dans cette programme de volontariat sont ici.

Il existe une base des données en ligne (http://ec.europa.eu/youth/evs/aod/hei_en.cfm) où on peut chercher entre les différents projets, donc j’ai y trouvé STAJ. Après j’ai envoyé ma lettre de motivation et mon CV pour j’applique à cet projet.

Evita : Je suis venue à Tours l’année dernière dans le cadre du SVE. C’est STAJ qui a choisi ma candidature parmi les autres. Grâce à cette chance j’ai pu faire 10 mois de volontariat à STAJ. Cette année je fais un service civique (voir : http://www.service-civique.gouv.fr/) qui me permet de continuer mes projets de l’année dernière et démarrer les autres. C’est une expérience très enrichissante!

Quelles sont vos missions à STAJ?

Orsolya : J’ai deux missions différentes .

- Citoyenneté et mobilité européenne des jeunes.

Il s’agit de mener des actions pour la valorisation de la citoyenneté européenne et la promotion auprès des jeunes de la mobilité européenne sous toutes ses formes. Je mène et j’interviens des projets auprès de différents publics (étudiant, lycéens, jeunes souhaitant partir en SVE, stagiaires BAFA et BAFD, au sein de l’accueil de loisirs et auprès de tout public lors d’actions spécifiques).

Quelques activités ce que j’ai déjà fait: J’ai participé dans la journée Europe au lycée Becquerel (qu’on a organisé avec la Maison de l’Europe.) Je participe dans les réunions d’informations collectives sur SVE tout les mois au BIJ. Apprentissage interculturel: avec Evita, on a fait une soirée sur les stéréotypes pour le réseau STAJ et le réseau Anti-raciste 37 en décembre. J’étais dans la journée sur le volontariat organisée par la DRJSCS en décembre. Chaque mois, je participe dans les réunions « Journée de l’Europe 2012 » qui est organisée par le collectif Europe 37. (actions dans la rue, accueil des scolaires et du grand public).

Les objectifs de cette mission sont de promouvoir auprès des jeunes directement les actions de mobilité européenne et de participer à la dynamique locale et régionale de valorisation de la citoyenneté européenne.

- Animation locale et vie associative :

Je suis accueillie au sein d’un local inter-associatif (le Bocal), de nombreux salariés, bénévoles, adhérents passent sur le lieu. Je peux mener des animations au sein de ce lieu. (Par exemple: apéro interculturel ; soirées thématiques sur la Hongrie…)

Je pourrai aussi m’investir sur une action ouverte sur le quartier (animation de rue dans le cadre de projets spécifiques « Débattons Dans Les Rues », repas de quartier, jeux dans la rue…)

Les objectifs de cette mission sont de favoriser la rencontre et la connaissance au sein du local inter-associatif et d’animer le lieu commun avec la participation des associations.

Evita : Premièrement, je fais tout le travail qui concerne le SVE : les réunions d’information, l’accompagnement dans la recherche du projet/l’écriture d’une lettre de motivation, etc, toutes les démarches administratives pour faire partir les jeunes, la formation pré-départ, etc.

Puis, je suis en train d’organiser une session de BAFA au Portugal. Cette année nous mettons en place une formation à l’étranger qui a demandé la recherche de partenaires parce que la dernière session a l’étranger date de plusieurs années. Alors, j’ai recommencé cette organisation de zéro. C’est pas facile mais très intéressant!

Cette année on commence un autre nouveau projet. C’est un chantier international des jeunes pour la construction de camps nature. Je suis dans le groupe de travail et je vais faire aussi des animations pendant le séjour avec les jeunes.

Je continue un projet personnel que j’ai commencé l’année dernière. Le résultat de ce projet sera un livret de paroles des jeunes sur la mobilité.

Et un projet très récent est l’accompagnement préalable et l’encadrement des jeunes français lors d’un chantier en Italie.

De quels pays êtes vous originaires? (pouvez-vous les présenter aux lecteurs peu doués en géographie)

Orsolya : Je viens de Hongrie et j’habite à Budapest qui est la capitale de mon pays. La Hongrie est située en Europe centrale et on a au peu près 10 millions d’habitants. Il y a deux grandes rivières qui traversent la Hongrie : Le Danube (à Budapest) et le Tisza.

Elle a des frontières avec l’Autriche à l’ouest, la Serbie, la Croatie et la Slovénie au sud et sud-ouest, la Roumanie au sud-est, l’Ukraine au nord-est et la Slovaquie au nord.

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Evita : Je viens de Lettonie, c’est un petit pays d’Europe du Nord. C’est l’un des trois pays Baltes, la Lettonie est bordée a l’ouest par la mer Baltique, le pays est bordé par la Lituanie au sud et par l’Estonie au nord. C’est une république, il y a environ 2 millions d’habitants, la capitale est Riga et la langue est le letton.

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Pourquoi avoir choisi la France et pas l’Angleterre ou l’Espagne par exemple? Et Tours?

Orsolya : J’ai choisi la France car pour moi ça a toujours été un pays attrayant. Au lycée, j’ai déjà appris la langue française et je l’ai adorée. Je connaissais quelque films, quelque musique françaises, mais j’ai voulu mieux connaitre cette culture. Quand j’ai cherché sur quel projet m’inscrire, j’ai voulu en trouver un uniquement dans ce pays.

Avant j’étais une étudiante Erasmus aux Pays-Bas et là-bas je pratiquais déjà l’anglais donc après j’ai voulu améliorer mon français aussi donc c’était un autre argument pour choisir la France.

Evita : J’ai fait mon Erasmus en France avant de venir a Tours. Mais après ce séjour je me suis dit que je ne connaissais pas si bien la France car j’ai rencontré plein d’étrangers mais pas trop de français. Pour cette raison, j’ai voulu repartir en France pour mieux connaitre le pays, la culture et les gens.

Mais je suis venue a Tours par hasard car j’ai cherché un projet du volontariat dans une grande ou moyenne ville et c’était juste la première réponse positive que j’ai reçue.

Quelle représentation aviez-vous de la France avant de venir et qu’est-ce qui a changé après y avoir vécu?

Orsolya : Je savais que c’est un pays intéressant avec une culture riche. Bien-sûr j’ai eu quelques stéréotypes sur les français (ils mangent beaucoup des baguettes, ils parlent pas anglais, ils sont vraiment fiers de leur pays, etc..) qui sont vrais. Mais maintenant que je vis ici, je peux mieux comprendre votre mentalité, vos traditions et c’est intéressant pour moi. Et pour dire une chose que j’ai trouvé un peu étonnant : je pense que les français sont les gens les plus polis que j’ai rencontrés. Au début c’était un peu bizarre pour moi qu’on fait des bisous à beaucoup de monde, on remercie les choses souvent…

Evita : Je peux pas dire que j’ai eu un choc culturel. Je ne sais pas si vraiment il y avait quelque chose très marquant car j’ai pas eu trop de stéréotypes, j’étais plutôt ouverte pour voir comment les gens sont, quelles sont des habitudes, etc. Je pense que quand je voyage j’essaie de laisser tous mes préjugés à la maison pour découvrir vraiment.

Qu’est-ce qui vous semble le plus différent dans les modes de vie entre Tours et vos villes d’origine? Et qu’est-ce qui, au contraire, vous paraît universel ou du moins européen?

Orsolya : Ici ma vie est plus tranquille que avant à Budapest. J’ai un vélo avec lequel je circule, mais j’adore aussi faire une promenade dans le Vieux-Tours ou au bord de le Loire.

Je pense que les gens ici sont plus gentils et ils voient les chose de façon plus optimiste que les Hongrois et pour moi c’était une différence aussi entre les deux villes.

Et à mon avis, ils sourient plus que les gens à Budapest, et ça fait une ambiance amicale et j’aime bien ça.

Evita : Je trouve que Tours c’est une ville très calme si je compare avec ma ville d’origine. Il me manque le bruit de transport, des foules de gens dans les rues… Riga est trois fois plus grande et il me manque cette dynamique. Mais quand même j’aime bien Tours. C’est une ville agréable et très animée. Et grâce a sa petite taille il est facile de se déplacer très rapidement.

Est-ce que vous ressentez parfois des préjugés des tourangeaux à votre encontre?

Orsolya : Quelquefois je rencontre les gens qui ne savent pas exactement où est la Hongrie donc ils n’ont pas beaucoup des préjugés sur les hongroises, je pense…
A mon avis, la Hongrie n’est pas un pays super connu en France, peut-être c’est pour ça je ne rencontre pas de préjugés.

Evita : D’après mon expérience il n’existe pas de préjugés par rapport à mon pays parce que c’est une région pas très connue. Les français le connaissent pas trop et donc ils n’ont pas de préjugés

Hormis assez souvent les gens pensent qu’il fait très froid tout le temps chez nous (si ils connaissent où se trouve mon pays, ce qui n’est pas toujours le cas) C’est un préjugé qui n’est pas vrai car le climat est de type continental -  marqué par des hivers rudes et des étés chauds.

Qu’est-ce qui vous manquera le plus à votre avis quand vous serez parties?

Orsolya : Les repas français.

Evita : Je trouve qu’en France beaucoup des gens savent apprécier des petits plaisirs de tous les jours, prendre son temps… c’est difficile à expliquer mais j’aime bien cette habitude. Bien-sûr c’est un regard global et tout le monde n’est pas comme ça mais ici j’ai rencontré beaucoup des personnes qui m’ont inspirée par cette attitude.

12 mars 2012

Solutions locales…

Des abeilles dans la ville

par Mélina Lhermite

Un an déjà que les abeilles ont envahi la ville de Tours. Encore peu répandues, de nouvelles ruches urbaines tourangelles devraient voir le jour d’ici quelques semaines. Où les trouver ? Pourquoi en prendre soin ? Qui s’en occupe ?

Peut-être les avez-vous déjà aperçues ou entendues bourdonner au détour d’une rue près de la cathédrale de Marmoutier sur les quais de Tours Nord ou près de l’aérodrome de Tours, autour du bâtiment de Val Touraine Habitat. Même si l’on y prête rarement attention, les abeilles tourangelles sont bel et bien présentes.

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En pleine expansion, les ruches urbaines se multiplient dans les rues de l’agglomération notamment grâce à l’association Biodivercity et leur fidèle et passionné allié, Ludovic Joubert. Depuis maintenant un an, l’association œuvre pour développer les ruches et, par la même occasion, sensibiliser les citoyens aux problématiques environnementales en partenariat avec des sociétés privées et des mairies. L’association installe et exploite les ruches puis propose des animations avec le publics des partenaires (écoles et centres de loisirs par exemple pour les communes, les salariés pour les entreprises). En contrepartie, les partenaires financent l’installation des ruches. En parallèle, Biodivercity anime également des ateliers autour des abeilles selon les différents publics. Aux enfants, elle explique leur rôle dans la nature, aux plus grands, elle apprend à gérer une ruche. Certains deviendront apiculteurs amateurs, les autres garderont simplement un beau souvenir. « Lors des animations, nous n’avons pas la prétention de résoudre tous les problèmes comme la disparition des abeilles mais nous essayons de sensibiliser au maximum le public à la nécessité de préserver les abeilles, » explique modestement Ludovic Joubert.

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Parce qu’il ne faut pas oublier l’importance de l’abeille pour l’équilibre de notre système environnemental. Sans elle, nous n’aurions simplement pas de fruits ! Lorsqu’elle butine, elle transporte du pollen de fleur en fleur et permet ainsi que ces fleurs deviennent des fruits. Sans ce transport du pollen, certains fruits n’existeraient pas (cerise, tomate, courge, fraise …). « Si les abeilles venaient à disparaître, nous finirions par ne manger que des pâtes ! » ironise Ludovic.

Et à l’origine de leur disparition, plusieurs raisons. A cause de l’agriculture moderne, les abeilles sont de plus en plus vulnérables. Les pesticides favorisent le développement de certains champignons nuisibles pour l’abeille ou simplement les empoisonnent. La baisse du nombre d’espèces florales est également responsable puisqu’elle entraîne des carences alimentaires chez ces animaux. Enfin, comme tout être vivant, l’abeille est victime de maladies, dues souvent à des acariens. Un en particulier : le Varroa. « Il n’y a pas un coupable mais des coupables, » rappelle Ludovic.

Après avoir récolté le miel de ses ruches, dès le mois de Mai, Biodivercity le vend principalement à ses adhérents mais également à un seul et unique commerçant : le bistrot 64, dans le Vieux Tours. En 2011, l’association a récolté environ une demi-tonne de miel pour une dizaine de ruches. Cette année, elle prévoit d’installer trente nouvelles ruches. Plusieurs partenariats sont en cours de signature ou même déjà presque en place avec notamment La maison de l’environnement ou encore la Caisse nationale d’assurance vieillesse de Tours.

Les ruches urbaines, un phénomène en plein boum, qui risque de continuer son ascension pendant encore de nombreuses années à cause notamment de la « volonté de revenir à des choses plus naturelles et plus authentiques ». Mais également, selon Ludovic Joubert, « pour les économies que cela permet et surtout pour le plaisir de travailler avec les abeilles ».

12 mars 2012

I feel good

T’es baroque, coco !

par Claude

Dans « baroque », il y a « rock ». Il y a « bar », aussi. Ne joue t-on pas du rock dans les bars ? De « l’Ange du bizarre » au génie de l’être-ange, il ne pourrait s’agir que de raisons d’aimer l’art et la musique baroques s’il y avait quelque rapport entre les uns et les autres…

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Bâtir sur du sable, écrire sur le baroque peut consister à parler d’autre chose – vertigineuse facilité ! Le baroque est aussi un art du langage détourné ; la rhétorique, il connaît ! Non comme moyen, mais comme matière même de l’œuvre et il advient donc qu’elle se dissout en elle-même…

La disparition, autre figure du baroque…

Tiens, j’ai envie d’écrire sur le Jazz, si c’est mon sentiment, mon « feeling », que l’on attend sur la question du baroque ! Souvenirs de Jazz… C’est Coltrane dans les années soixante (émission « Pour qui aime le jazz », retransmissions du festival de Juan-les-Pins, concerts à Paris…). Sa violence nous plaisait et nous plaît toujours « ce jeune homme en colère », au son torturé quelquefois, tortueux, intarissable, dont les accords paraissaient s’autogénérer. Une violence brute, immédiate, des sons inouïs, gonflés de sensualité aussi, une rapidité, une attaque incisive qui vous transperce ; et puis une violence plus symbolique, plus « révolutionnaire » ( ?!) en rupture avec ce qui l’a précédée (Concert de Paris 1960, John Coltrane est hué par le public) surtout dans la force du discours musical qui nous emmènera plus tard et déjà au Free Jazz. J’admire toujours cette construction/déconstruction à l’œuvre dans cette musique de Jazz, comme dans certaines œuvres baroques (Bach). Le thème précisément posé de « My favourite things » par Coltrane ou par les lettres du nom de Bach fonctionnant comme des notes (l’Art de la fugue) et qui ouvrent sur une improvisation toujours mouvante et renouvelée ; baroque, quoi !

Je n’aurai garde d’oublier le compte-tenu de la matière de l’instrument, aussi bien chez les musiciens de jazz que chez les musiciens baroques. On entend la matière de l’instrument : l’interprète, le compositeur en jouent, elle fait partie de la musique elle-même (c’est un des grands apports du Free Jazz et du renouvellement de l’interprétation baroque) : le bois de l’anche, le cuivre des trompettes, les peaux et les bois des batteries, le bois, le métal, le boyau (si cela existe encore !) des cordes de la contrebasse, du violoncelle… La vraie Jungle de la musique comme aurait dit Duke Ellington ! Je ne voudrais pas être trop démonstratif, mais il est impossible d’omettre le corps du musicien et de l’auditeur…Il y a là-dedans (où ?) une danse profonde, ça remue de partout les neurones, les nerfs, les muscles, le cœur, le sexe…

Du charnel, du plaisir…

Et bien, la musique baroque, c’est ça et c’est pourquoi je l’aime lorsqu’elle est interprétée selon sa nature. Il y a du charnel, de la sensualité, du plaisir en même temps que de l’austérité et de l’intégrité (jamais d’ennui, à mon avis, ça bouge tout le temps). On est frappé par ce fait en écoutant les suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Il s’agit d’une suite de danses formalisées et stylisées (Allemande, Courante, Sarabande, Gigue, Menuetto) Comme dans certains morceaux de Jazz, l’œuvre baroque présente souvent une suite de variations qui peuvent être assimilées à des formes d’improvisation. D’ailleurs, dans beaucoup de partitions baroques, tout n’est pas noté, il subsiste théoriquement pour l’interprète une possibilité d’improviser (ornementation, rythme, instrumentation…).

Si dans le jazz, le mouvement construction/déconstruction est permanent et fait partie de sa définition, il fonctionne historiquement dans la musique baroque ; il correspond plus ou moins à des périodes où un mouvement artistique se construit (fin XVIème siècle début XVIIème siècle) ou se déconstruit (XVIIIème siècle) : Schütz, Telemann, Purcell, Monteverdi, Couperin, Strozzi… Comme on le voit, il s’agit d’un mouvement d’ampleur européenne.

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Du baroque partout !

Cette instabilité, cette hésitation parfois qui définissent le baroque on va les trouver chez Rubens avec ses Angelots/Amours dodus et érotiques, charnels, tourbillonnant dans des volutes vaporeuses et voluptueuses (« La fête de vénus »), certaines positions ne sont en conformité ni avec le bon goût classique ni avec notre légalisme contemporain mais elles manifestent un bel amour de la chair. Comme cet amour de la chair est là, aussi, dans le grincement des cordes d’un violoncelle, d’une viole de gambe, d’un violon (sonates et partitas de Bach), de l’anche d’un saxophone (Archie Shepp, Pharoah Sanders).

L’imperfection sied à la beauté ! C’est ce qu’exprime Don Juan lorsqu’il prend les mains d’une petite paysanne qu’il séduit. Ce monstre séducteur n’est-il pas un personnage baroque ? Son serviteur nous dit : « Un grand seigneur méchant homme est une terrible chose »… Mais quel est notre regard sur ce personnage… baroque (étrange) comme est baroque cette pièce qui est à la fois une comédie (critique d’une société, personnages drôles comme M. Dimanche) et une tragédie : le doigt du destin pèse sur Don Juan dès le début de la pièce jusqu’à ce qu’il soit entraîné vers les Enfers ?

Qu’est-ce que je veux dire sur la musique baroque et mon goût pour celle-ci ? (Goût non exclusif) Qu’elle est complexité ? Art du Vrai et du Faux ? Miroir, non pas de la réalité mais de la sensibilité alliée à l’intelligence et au corps. Cet art nous intéresse parce qu’il s’intéresse à nous, il n’est pas figé dans des formes anciennes (qui existent et qui sont belles) mais il continue à évoluer et à être créatif.

Le baroque à Tours

En Touraine nous avons la chance qu’un grand nombre de groupes travaillant sur des musiques anciennes ou baroques se produisent. Pour ce qui me concerne, ils ont puissamment contribué à me faire aimer cette musique (Conservatoire de Tours, EVUT, Ensemble Jacques Moderne, Ensemble Philidor, Ensemble Diabolus in Musica, Ensemble Consonance…) et je les remercie de leur action et du plaisir qu’ils nous ont donné depuis des années.

Pour ma part, j’ai décidé de travailler avec le groupe Consonance dont la direction artistique est assurée par François Bazola. J’aimerai signaler que ces groupes de musique sont composés de professionnels de haut niveau artistique et de bénévoles qui leur permettent d’exister et de se produire. Cette conjonction me paraît heureuse et il nous faut travailler à la maintenir pour que Tours et la Touraine soient des lieux actifs de la culture musicale.

Ensemble Consonance
55, rue Mirabeau, 37000 Tours
+33 (0) 607173771
fbazola@club-internet.fr

11 mars 2012

Souffle-moi dans l’oeil - 4

D’abord, choisir une place. Au hasard. Objectif. Forcément. Et on ne bouge plus. Ne pas se déplacer pour chercher/ne jamais trouver le bon angle, la bonne lumière, le bon profil.

On voit ce qu’on voit. On n’est pas là pour un reportage. Pas là non plus pour « garder une trace ». Et si on ne voit pas le batteur, on ne le photographiera pas.

Le déclic s’inscrit dans la césure entre ce qu’on entend (presque tout) et ce qu’on voit (presque rien). Renoncer à l’illusion d’une captation de l’émotion.

Seulement des corps en mouvement.

Et bien sûr le noir et blanc comme pour un film de série B. Musique de série B, photos de série B.

Tout est affaire de cliché. L’oeil écoute.

Daniel Dubois.

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11 mars 2012

Le boulot c’est pas toujours le bagne…

Le pain comme on l’aime

par Emilie Veyssié

On ne le fait que trop remarquer chez Souffle : manger bio et local c’est bien plus plaisant que d’aller acheter une baguette en grande surface avec comme mention : « Transformé en France ».

En tout cas à la Boul’Ange rit de Cathy Fries le pain et les viennoiseries sont faits MAISON ! Les ingrédients sont exclusivement bios et surtout très variés. On peut venir acheter un pain au sésame, au pavot, au gingembre et citron confit, un tourton miel lait d’avoine ou encore un sarment d’amande. Mais aussi des viennoiseries tel que des croissants, des brioches aux pralines, des streuselkushen…

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Installée depuis janvier 2009, la Boul’Ange rit marche bien et attise les convoitises.

Les farines viennent des fermes voisines notamment de M. Monmarché.

Car pour Cathy Fries, le bio c’est une façon de vivre.

La Boul’Ange rit situé au 17 chemin de la Brissonnière à Chambray-lès-Tours est (comme son nom l’indique) au bout d’un chemin ce qui en fait le charme et en même temps le regret de Cathy : « les gens achètent désormais leur baguette dans une boulangerie qu’il croise sur leur route, ils n’ont plus l’envie de faire de la route pour se nourrir bien. Ils vont au plus proche et au plus rapide. »

Pourtant cette boulangère souhaite faire de la Boul’Ange rit un endroit où on vient y rencontrer des gens, discuter…

Parmi ses projets : Faire de sa terrasse un petit salon de thé où elle proposerait des tartes, du thé, du café, afin que les gens se posent un moment et prennent le temps de vivre.

Elle offre aussi au mois de janvier, à l’occasion de l’anniversaire de la Boul’Ange rit et de l’épiphanie, la galette gratuite.

Ce que Cathy aime avant tout dans son métier c’est le contact avec les gens, la convivialité et faire son pain évidemment.

Bref, la Boul’Ange rit semble être un endroit où le temps s’est arrêté. Des bonnes choses, de la chaleur humaine, un lieu où aller absolument !

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La Boul’Ange rit

17 chemin de la Brissonière
37 170 Chambray-lès-Tours
Tél : 02 47 39 61 35

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10 mars 2012

Les carnets de Chantier de Gérard Boivin

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Bien sûr il y a les photos que l’on prend avec son téléphone et que l’on upload dans la minute. Oui, il y a ces outils géniaux que sont les blogs ou twitter, grâce auxquels une info, un événement ou une idée peuvent être immédiatement partagés et discutés. On ne s’en plaint pas ; il faut parfois savoir aller à l’essentiel et ne pas s’appesantir.

Mais au milieu de ce flux, on peut aussi choisir de s’arrêter, de scruter, de s’imprégner… C’est ce que fait Gérard Boivin. Avec son vélo, ses carnets et son casque de chantier, il écume la future ligne du tramway d’un bout à l’autre pour croquer les travaux, presque depuis leurs débuts. Un travail considérable : 130 dessins à ce jour qui parlent des lieux, des ouvriers et des machines et qui ont fini par constituer une chronique de cette (longue) période transitoire qui fera date dans l’histoire de la quotidienneté tourangelle. Et puisqu’il a bien l’intention de continuer, nous lui avons proposé de publier désormais cette chronique dessinée dans « Souffle 2.0 ». Il a accepté.

Soit dit en passant, Gérard s’inscrit sans le savoir dans la démarche des « Urban sketchers », ce réseau international qui réunit des (dizaines de ?) milliers de croqueurs amateurs et professionnels partout dans le monde et qui mettent régulièrement en ligne leurs dessins pour raconter, commenter ou échanger des savoir-faire. Au final, un énorme carnet de voyage collectif quasiment inépuisable et vivement conseillé.

F.M.

La galerie de Gérard Boivin : http://www.gerard-boivin.odexpo.com

Le site des « Urban sketchers » : http://www.urbansketchers.org/


pont-wilsonLes travaux du pont Wilson ont débuté à la mi-janvier par le rabotage du bitume sur les trois-quarts de la chaussée et le démantèlement des bordures de trottoirs.

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Alors que les rails sont déjà posés dans une grande partie de l’avenue de la Tranchée, l’on s’active, mi-janvier sur la place du même nom : ancien passage souterrain rebouché, préparation des futurs aménagements…


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Tours-Nord, la construction du futur Centre de Maintenance avance à grands pas pour une livraison prévue fin juin 2012. Sur place, mi-février, on ne sait pas si les délais seront respectés…

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Les piles du futur pont sur le périphérique – pont qui relie les quartiers de la Rabière et de la Gitonnière à Joué-lès-Tours - étaient en attente de la pose du tablier. C’est chose faite depuis la fin du mois de février.

9 mars 2012

Triplement bon

La potée de Dia

(cliquez sur “plein écran” et choisissez une vitesse de défilement lente dans les options)