Magazine Souffle, une bouffée d'air participative en touraine
3 juin 2012

Souffle 2.0 Juin 2012

C’est vrai, on est plus qu’à la bourre (On a été très occupés, ensuite il y a eu des embouteillages, ensuite il y a eu les élections, ensuite il a fait beau, tout ça), mais voilà la troisième livraison de Souffle 2.0.
Ce mois-ci : du troglo, du manga, de la photo, de la peinture, du croquis, des fringues et de la mémoire de travailleurs immigrés, histoire de nous souvenir que nombre de nos belles infrastructures nationales avancées n’auraient jamais été réalisées sans Kaddour et ses potes. Qu’on se le dise et répète, de Perpignan à Lille, de Saint-Pierre-des-Corps à Henin-Beaumont.

Sommaire :

Reportage - Les troglos riment-elles avec écolos?

Souffle-moi dans l’oeil - 5

Solutions locales… Acheter “made in France” a un prix !

Page libre - Femme irradiante ?

Un album-Souffle - Rytmétix : Too long for radio

Rencontre - Léna Laurichesse : le corps-coquillage

Des tourangeaux qui ont fait du chemin - Le voyage de Kaddour

Un manga-Souffle - La nuit du vivant

Les carnets de chantier de Gérard Boivin

3 juin 2012

Reportage

Les troglos riment-elles avec écolos ?

Par Emilie Veyssié et Léa Carlat

En Touraine, les maisons troglodytes ne manquent pas. Attrayantes et intrigantes, elles en rendent curieux plus d’un ! Mais alors, qu’ont-elles de plus que nos maisons ? Sont-elles plus économiques voire écologiques ?
Pour le savoir nous sommes partis à la rencontre de 3 amoureux de maisons troglodytes.

Tout d’abord nous avons rendez-vous avec Thierry Houdu qui vit à Saint-Etienne-de-Chigny dans une maison entièrement troglodyte.

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« Au début il a fallu faire beaucoup de travaux » nous confie t-il, « La maison était vendue à bon prix car elle n’était pas habitable telle qu’elle ». Bien sûr, avant d’habiter dans une maison troglodyte, on la fait expertiser. Parce que se prendre une pierre de tuffeau sur la tête ça doit pas être top !
La maison contient plusieurs cheminées mais Thierry n’en utilise qu’une. Quand on habite une maison troglodyte il ne faut pas être frileux, car il n’y fait pas plus de 15° naturellement, même l’été ! « Je consomme 15 à 20 stères de bois pas an », nous dit-il. La maison est seulement chauffée grâce à cette cheminée (il y un quand même un petit radiateur électrique dans la chambre en cas de grand froid).
On se dit alors que c’est déjà plus écologique et économique (environ 1200€ par an de chauffage pour une maison très spacieuse) que le chauffage électrique, mais pour en être sûr nous sommes allées poser la question à des pros.

« Dans une troglo, il n’y a pas besoin de beaucoup de chauffage puisque la température est toujours constante (entre 11 et 13°), l’inertie du rocher nous apporte cette chaleur permanente», nous explique M.Charpin, vice président du syndicat intercommunale cavité 37. On fait donc des économies sur le chauffage, seulement il ne faut pas négliger la facture d’électricité car il y fait sombre. « On peut aussi utiliser le système du puits canadien qui puise dans le sol la chaleur l’hiver et la fraicheur l’été, c’est comme une climatisation naturelle. » indique M. Charpin.
Il y a par ailleurs beaucoup d’humidité dans la maison de Thierry : environ 70% ! Alors, même avec la VMC et un déshumidificateur dans la chambre il ne faut pas laisser ses chaussures 6 mois dans la même pièce ou vous risquer de les retrouver toutes vertes !
Et au niveau de l’isolation alors ? L’avantage avec les troglos, c’est que la pierre absorbe la chaleur du soleil l’été et la garde toute l’hiver, il y un donc un besoin en chaleur moins important que dans une maison classique ou la perdition de l’air est grande. C’est aussi la terre contenue sur le toit qui assure une chaleur tempérée et une bonne isolation.

Thierry nous rappelle aussi qu’une maison troglodyte est écologique car elle n’a pas besoin de matériaux de construction, elle existe déjà.

salon-thierry-houdou

Ensuite, nous avons filé à Vernou-sur-Brenne où Mme Laurent nous attendait. La maison, ici aussi entièrement troglo, ne fut pas pour ses propriétaires un choix écolo, mais plutôt un réel coup de coeur pour cet habitat original, fondu entre côteau et  jardin, et surplombant la vallée de la Brenne !

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La maison est équipée d’une cheminée mais aussi d’une chaudière électrique en bi-énergie. Il y fait 13-15° en permanence sans chauffage ! Mais, « Avec le fort taux d’humidité, même lorsquil fait 15°, on a l’impression qu’il fait 20° ! » nous décrit la propriétaire (à vrai dire on a trouvé qu’il y faisait frais mais il suffirait de rajouter un pull). Pour Mme Laurent, une maison troglodyte c’est un style de vie à adopter, c’est un état d’esprit « on aime ni mur ni clôture ». C’est vivre avec la nature.

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Ici aussi des travaux ont été nécessaires notamment pour faire des renforts de béton afin de sécuriser la maison.
« Les maisons troglodytes ont toujours été habitées. Que ce soit par les carriers, les vanniers ou les employés viticoles qui n’avaient pas d’argent pour se loger mieux. Maintenant, c’est devenu une mode », ajoute-t-elle.
Mais le patrimoine coûte cher à la société et les démarches sont longues et compliquées pour avoir le droit à des subventions. Les mairies n’en font pas leurs principales préoccupations même si elles aident parfois. Face à cela il y a l’association CATP, qui est spécialisée sur le patrimoine troglodyte. Elle conseille beaucoup les particuliers pour acheter et les orienter vers des professionnels et organise par ailleurs des visites de maisons troglodytes pour les écoles. Il y a aussi le syndicat intercommunal cavité 37, situé à Saint-Avertin, qui récence le patrimoine souterrain des communes, évalue les risques et donne des conseils.

Enfin, nous nous rendons à Villaines-Les-Rochers chez Liliane et Eric Delalande.
Dans leur maison, seule la salle de séjour et la buanderie sont dans la roche, le reste est une maison classique qui est collée au tuffeau.

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Avant, la partie troglodyte faisait office d’étable ou encore de cave où on peut encore voir la marque d’un pressoir.

Eric nous raconte en passionné ce qu’il sait de l’organisation de la vie au village au 17ème siècle :  aucune maison ne disposait de four à pain, il y avait un lieu où tout le monde venait y faire son pain. Il nous narre également l’histoire des artisans-vanniers, même c’est un autre sujet pour Souffle!

Dans tout le jardin il y a des ruines de troglodytes qui ne demandent qu’à être restaurées. Parmi elles, une ancienne cave (qui sert toujours d’ailleurs) dans laquelle on peut remarquer un “trou de virou”. Pour la petite histoire, le virou était un poteau en bois verticale qui part du sol au plafond et qui, via une sorte de harnais, gardait l’enfant en sécurité pendant que les parents étaient occupés à côté.

Eric et Liliane se chauffent principalement grâce à leurs panneaux solaires juchés au-dessus de la maison, cette énergie est ensuite redistribuée avec un système de chauffage au sol. Lorsque le soleil vient à se faire désirer, le relai électrique le remplace.

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« Avant dans notre pavillon j’avais toujours froid malgré les radiateurs, mais maintenant ça n’arrive jamais car la chaleur se repartit beaucoup mieux comme c’est humide », déclare Liliane. La maison est isolée avec des produits sains et écologiques comme la Chaux par exemple. Mais il faut faire attention aux chocs thermiques car l’été comme il fait chaud on peut avoir tendance à ouvrir les fenêtres, seulement cela crée un point de condensation qui provoque ensuite des moisissures dans la pièce. A éviter donc !
Le mode de vie de Liliane et Eric se veut au plus près du rythme de la nature et des saisons, aussi par leurs achats. « Nous voulions vivre à la campagne dans un environnement sain et sans pollution », nous confient t-ils.
Ils ne vont que rarement faire leurs courses au supermarché. Pour leurs fruits et légumes de saison, ils se rendent chez Stéphane Laurent à 1km de chez eux, c’est un indépendant qui produit tout bio, et propose aussi du pain bio qui vient de Saché, et une AMAP corse lui envoie ses produits exotiques (pamplemousse, avocat, kiwi…). Pour les fromages, c’est un producteur qui vient à domicile ; ils ont aussi un producteur pour la viande. Bref, bio, local, de saison, un véritable mode de vie sain, simple (car juste à côté !) et écologique !

Ainsi, les maisons troglodytes sont pour leurs propriétaires (en tout cas ceux que nous avons rencontrés!) avant tout une façon de vivre et de voir les choses.
Plus qu’un effet de mode, elles sont écologiques et économiques.
Il faut simplement ne pas être trop frileux!

Agenda :
Rando troglo à Villaines-Les-Rochers : samedi 9 juin de 14h à 18h et dimanche 10 juin de 10h à 18h.
Infos ici : http://infostroglos.free.fr/randotroglo/randotroglo.html

3 juin 2012

Souffle-moi dans l’oeil - 5

D’abord tourné vers le reportage, Jean-Baptiste est passé par l’Etpa (formation à la photo et au multimédia) de Toulouse.
Il nous livre ici quelques-uns de ses clichés.

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Portrait

palierDéambulation à la lampe de poche dans une maison abandonnée en Normandie.

drapeau-fumiManif pour la défense de l’Education, Tours, rentrée 2011.

15-assembleeExtraits d’un reportage sur le camp contre la loi Loppsi à Toulouse en février 2011, publié dans Politis.

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3 juin 2012

Solutions locales…

Acheter «made in France » a un prix !

Par Mélina Lhermite et Emilie Veyssié

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« Fabriqué en France » ou  « Made in France » , mentions peu inscrites sur le textile aujourd’hui. Pourquoi ? Délocalisation à l’étranger ? Coût de la main d’œuvre moins cher en Europe de l’est et en Asie ? Enquête à Tours au cours de laquelle nous avons essayé de trouver des vêtements français.

S’habiller à Tours est devenu un réel casse-tête pour les férus de « made in France ». Autant de franchisés tels Zara, H&M, Promod et d’autres qui font fabriquer à l’étranger et principalement en Asie font désormais partie du paysage de notre ville et leurs vêtements ont envahis nos armoires !

Cependant, il reste encore une poignée de commerces indépendants qui persistent à produire français. Julie Chevalier, propriétaire et gérante de La Chapellerie Brun, place du Grand marché, depuis 15 ans, admet se sentir dans un quartier privilégié  comparé à d’autres quartiers commerçants. Les matières premières pour confectionner ses chapeaux viennent de l’étranger mais ils sont produits à 90% en Europe dont 60% en France. « Le commerce marche bien malgré la crise » confie-t-elle, « grâce à une demande accrue des clients en produits français », même si la concurrence du « made in China » est rude. Mais selon Julie, « les clients de la Chapellerie préfèrent payer plus cher pour avoir de la qualité ». Car les vêtements fabriqués à l’étranger n’offrent pas les mêmes propriétés que ceux produits en France et ce, en raison des différences de conditions de travail : travaille plus longtemps (12h par jour), avec de bas salaires et selon des cadences qui laissent peu de place à la finition. Les clients de la chapellerie ont également le soucis de promouvoir les emplois en France et, à leur échelle, lutter contre le chômage en métropole, principalement causé dans ce secteur par des délocalisations.


Autre adepte de la qualité : La boîte à laine, rue du Grand Marché, un commerce indépendant. Martine Bernard, le propriétaire, vend de la laine, des accessoires de tricot et propose des ateliers dans sa boutique : le vendredi, cours de tricot et le samedi matin, café tricot. Pourtant, les fils de laine viennent de l’étranger. Et ce n’est pas parce que la gérante ne veut pas produire français, mais davantage car il n’existe plus assez d’élevages de moutons en France pour approvisionner les commerces. Seules quelques fermes françaises produisent encore leur propre laine mais pour leur consommation et commerce personnels. Si les fils proviennent d’autres pays, ils sont néanmoins transformés en pelote en France. Seul la laine Cheval Blanc est entièrement française. La propriétaire de La boîte à laine connaît ses fournisseurs et sait avec qui elle travaille. C’est pourquoi elle est certaine de la qualité des laines vendues. Aussi, pour Martine Bernard, l’important dans sa boutique est le contact humain, voilà pourquoi elle propose des ateliers. « Ce contact n’existe pas du tout ou presque pas dans les magasins franchisés, on y vient acheter des vêtements et c’est tout », se désole-t-elle. « Le vendeur cherche avant tout à vendre ».

Rares sont donc ceux qui persistent à vendre des produits français. Quelques uns pourtant n’ont jamais dérogé à cette règle. C’est le cas d’Armor lux, rue Nationale, franchise en place à Tours depuis le début des années 80. Elle fabrique depuis toujours ses vêtements en maille en France. Puis, suite à une demande croissante des clients, l’entreprise a élargi sa gamme dans les années 90 avec des vêtements en coton. Pour ces derniers, la matière première vient de l’étranger car il n’y a pas de coton en France, mais la production se fait à Quimper ou à Troie. La marque travaille également avec le Maghreb qui produit une bien meilleure qualité que l’Asie.

Si les produits asiatiques ont connu un véritable boum, les mentalités évoluent et un retour aux sources s’annonce. Selon un sondage de l’Ifop (Institut Français d’Opinion Publique) auprès de 1004 personnes et publié le 21 novembre 2011, 66 % des français annoncent être prêts à payer plus cher (5 à 10%) si le produit est fabriqué en France. Autre preuve : un sondage TNS Sofres (avril 2010) indique que 95 % des français estiment qu’acheter français équivaut à soutenir l’emploi en France. Ils sont 91 % à penser que des produits fabriqués en France sont un gage de qualité.

Enfin, une autre franchise bien connue continue de fabriquer quelques produits en partie en France : Aigle. Leurs bottes sont fabriquées en France à Châtellerault, mais le caoutchouc ne vient pas d’ici. Cependant tous les vêtements sont fabriqués en Chine, au Pakistan… Pourquoi ? Maxime Doualan, le vendeur nous répond. « Les matières premières et la main d’œuvre sont disponibles dans ces pays là, c’est donc plus simple de tout faire là-bas. C’est l’économie d’aujourd’hui. Si on veut que le commerce marche et s’aligne avec la concurrence il faut produire ailleurs. » Autre justification à la délocalisation évoquée par Gérard Bouyer, vice-Président de la CCI de Touraine en charge de l’industrie, de l’emploi, du développement durable, de l’environnement, de l’insertion dans le magazine Touraine Eco de mars 2012 : « La mondialisation est une réalité. Délocaliser tout ou partie de sa production peut s’imposer comme une nécessité. Non pas pour produire à bas coût des produits qui seront ensuite revendus ici mais pour produire et vendre là bas et conquérir de nouveaux marchés, en particulier dans ces pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, etc. Dans ce cas, la délocalisation participe au développement d’une entreprise française, renforçant l’activité de ses bureaux d’études, de ses services commerciaux… » Et pour respecter une certaine qualité même à l’étranger, les cahiers des charges restent exigeants, selon Maxime Doualan.

Acheter français devient un choix et il en faut en payer le prix. Entre recherche du vrai « made in France » (de la matière première à la fabrication, quand c’est possible) et prix élevés, il faut s’accrocher pour s’habiller français ! Mais en vue de l’évolution positive de la volonté des français d’acheter des produits de leur pays, un label a été mis en place pour rendre crédible les produits : Origine France Garantie.

Avec le manque de matière première française et un coût plus faible de la main d’œuvre à l’étranger, le « made in France » signifie aujourd’hui dans la plupart des cas : fabriqué en France mais avec des matières premières étrangères. Mais c’est déjà un premier pas vers une confection 100% française. Aussi, les pays étrangers ont tendance à rattraper la France (les pays dits “développés”) quant aux coûts de fabrication. Alors d’ici quelques années peut-être que produire en France sera plus rentable, qui sait ?

Pour finir, voici quelques sites qui proposent du “made in France”, à vous de juger :
www.philippegaber.com
www.ledito.com
www.100pour100-madeinfrance.fr

Les adresses à Tours :

- La Chapellerie Brun
43, place du grand marché

- La boite à laine
67, rue du grand marché

- Armor lux
35, rue nationale

- Aigle
12, rue nationale

31 mai 2012

Page libre

FEMME IRRADIANTE ?

par Dominique.

Métro Bir-Hakeim, je suis en avance pour me rendre à une désinformation sur « les leucémies des enfants autour des centrales nucléaires », un écho à l’excellent article de Mme CLAUDEL (INSERM) dans le Monde. (Vous savez, le concurrent de Souffle !).

Autrement dit « je suis branché ! ».

Or, juste au coin de la rue, au 29 Boulevard de Grenelle, git un café-brasserie : « l’Atome café ». Ça ne s’invente pas !

Je travaille, affute mes arguments spécieux sur les grands salauds qui bousillent la vie de nos petits : l’ambiance atomique est propice… Ca me conduit donc aux toilettes. Normal ?

Deux portes, une pour les dames et une pour les messieurs. Et là, curiosité impensable : pour les mecs qui arrosent ça et là - c’est bien connu – entrée normale. Mais pour ces dames, qui, admettons-le messieurs, sont plus soigneuses en ces lieux, il leur faut payer 20 centimes. OUI ! Vingt centimes !

Ou va se nicher le sexisme au quotidien ?

Je ne sais trop quoi faire. Si je vais me plaindre, on me dira que je me suis trompé de porte. ET j’ai pensé à SOUFFLE. Voilà un journal qui diffusé à travers le monde pourrait inviter quelques militant(e)s à organiser une démonstration originale, hard, pisser devant la porte ou je ne sais ? Plus « soft » : organiser un pot (petit, évidemment !) entre filles et réclamer toutes, les unes après les autres, la monnaie de 20€, pour aller au petit coin !

Mais je ne doute aucunement que « l’irradiation » féminine ne trouve pas une réponse atomique à ces ringards !

31 mai 2012

Un album-Souffle

Par Léa

Le groupe afro-beat/hip-hop tourangeau “Rytmetix” existe depuis un bail (ils annoncent 10 ans d’expérience sur leur site!) mais c’est depuis 3 ans environ qu’ils travaillent leur groove afro-beat et enflamment les scènes et festivals  “tant par (leurs) riffs et (leurs) chorégraphies endiablées que par des solos explosifs” !! (je confirme, pour les avoir découverts à Terre du son 2009 où l’ambiance était énorme!)

Aujourd’hui forts de 12 musiciens professionnels et après une bonne période de travail en studio, ils sortent un album (bon ça fait quelques mois déjà, mais on évite les grosses périodes de promos à Souffle ;-) ) et sont chauds pour faire bientôt découvrir à leur public ce que ça donne en live ! A très bientôt alors pour vous donner les dates !!

En attendant, bonne découverte de l’album ! (en téléchargement gratuit et à commander en vinyle : www.rytmetix.com)

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30 mai 2012

Rencontre


Léna Laurichesse : le corps-coquillage

Par Emilie Veyssié

Familière de la Bretagne, l’artiste peintre tourangelle Léna Laurichesse en revient toujours pleine d’inspiration et dans ses créations se fondent ses deux thèmes de prédilection, le corps et les coquillages, unis dans des tableaux aux formes amples et lumineuses dont la subtile minéralité et les nuances fragiles nous ont touchés.

« Avant je travaillais les coquillages, maintenant j’en sors doucement pour me remettre au corps, mais ce n’est pas si facile », me confie Léna en pleine réflexion devant ses toiles. « Je veux quitter les coquillages mais je n’y arrive pas, le corps va vers le coquillage », en effet, sur la toile en cours Léna veut peindre un corps qui tend vers le crustacé, un corps qui tend à se minéraliser. Dans ses tableaux, on retrouve une idée de morcèlement. Sur la toile en cours, la jambe se détache par exemple.

C’est aussi sans doute dû à tous ces tableaux de coquillages qui entourent la peintre et la nourrissent d’images de la mer.

« Mes tableaux grandissent et évoluent avec moi, ils peuvent aussi changer en un coup de pinceau. »

Je regarde Léna qui peint à la peinture à l’huile, elle se lève souvent pour prendre du recul et voir sa toile autrement. « L’avantage avec la peinture à l’huile c’est qu’elle sèche lentement, si on se trompe on peut vite effacer et reprendre », me dit-elle.

On discute et elle m’explique que parler de son travail la fait réfléchir et fait progresser l’idée, l’inspiration de sa peinture. « Parfois, je prends un miroir et je regarde ma toile à travers son reflet. »

« Quand je commence une toile, je ne sais pas où ça va aller, mais je sais que le corps sera nourrit par le coquillage. »

Dans ses tableaux, il y a une idée de fragilité, de corps qui se défont, qui se déforment.

« Plus j’avance dans mon travail, plus je laisse de place à ce que je ressens, et je m’intéresse plus à la matière qu’aux formes.»

Léna aime échanger avec d’autres artistes mais aussi avec les gens qui viennent voir ses toiles : « Les jugements des autres me permettent d’aller plus loin, l’important c’est de verbaliser ».

Je la retrouve six jours plus tard, la toile est presque finie. Le fond s’est obscurci, et le corps s’est affirmé pour tendre un peu plus vers le coquillage.

« Je trouvais que c’était trop plat, je voulais retravailler le corps afin que l’on voit le coquillage. »

« Le corps c’est comme une coquille, il y a des choses qui vivent à l’intérieur. »

Carapace est né.

montage vidéo par Emilie Veyssié

Agenda

- Exposition à « Lyeuxcommuns » 27 rue Etienne Marcel à Tours : Textes de Dominique Barberet Grandière, Cyanotypes de Claude Baudin du 1er au 23 juin 2012 (fermeture exceptionnelle le vendredi 8 juin) -Vernissage  vendredi 1er juin à partir de 18h-
Renseignements complémentaires : http://lyeuxcommuns.ek.la/definitions-du-corps-finissant-a39555930

26 mai 2012

Des tourangeaux qui ont fait du chemin

Pour le 8ème article de notre rubrique “Des tourangeaux qui ont fait du chemin”,
place enfin au Maghreb!
Notre contributeur, cheminot depuis de nombreuses années, se fait le passeur de l’histoire de collègues de travail venus du Maroc, et notamment de celle de son ami Kaddour.

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Le voyage de Kaddour cheminot d’origine marocaine arrivé au triage de Saint Pierre des Corps en Mai 1970.

Le film « Indigènes » de Rachid Boucharef sorti en 2006 avait bouleversé des millions de spectateurs. Le talent du réalisateur et des artistes exceptionnels ont fait de ce film un succès ; il a permis de retracer cette épopée qui fait partie de l’histoire de France.
D’autres histoires commencent à s’écrire, à oser se dire entre France et Maghreb, par exemple l’histoire terrible des Harkis.
Plus proches de nous dans le temps, d’autres histoires plus modestes et moins dramatiques méritent d’être restituées avant que cela ne devienne un travail d’historien, de sociologue ou ne tombe dans l’oubli.
L’histoire du groupe des travailleurs marocains ou d’origine marocaine de la gare de triage de Saint Pierre des Corps mérite attention.
Arrivés a la fin des années 70 pour remplacer un premier groupe de travailleurs espagnols, ces cheminots prennent petit à petit leur retraite et nous avons voulu simplement recueillir leur témoignage ; qu’ils nous disent comment ils sont venus du Maroc, ce qu’a été leur arrivée, l’accueil qui leur fut réservé, leur vie et leur travail à la gare de triage.
Parce que si les migrations sont multiples, officielles ou clandestines, ce sont avant tout des histoires d’hommes et de femmes. L’histoire de cette immigration là, très organisée mérite d’être dite pour ceux qui l’ont vécue mais aussi pour leurs enfants et petits enfants. Il nous semble important de relater ces parcours officiels, organisés d’hommes venus du Maghreb participer au développement industriel de la France.
Il s’agit donc d’une histoire humaine dans un secteur d’activité, les chemins de fer, où l’histoire technologique est souvent privilégiée. Ces vies de travail se sont déroulées dans des espaces méconnus, éloignés des devants de la scène occupés par les vedettes ferroviaires que sont les trains modernes ou les images d’Epinal de la machine à vapeur et de son mécanicien. En effet les gares de triages et notamment celle de St Pierre des Corps ont été des sites industriels importants employant plusieurs centaines d’agents de manœuvre et de manutention pour trier et former les trains de marchandises.
La technique du tri à la gravité et l’absence d’automatismes nécessitaient d’avoir recours à une main d’œuvre importante. Ces travaux pénibles (accrochage et décrochage de wagons) et dangereux (ralentissement par pose d’un sabot métallique sur le rail a l’approche du wagon descendant une « bosse » à la gravité) se sont exercés nuit et jour par tous les temps ; les accidents du travail y furent nombreux et souvent graves ;
C’est pour exercer ces métiers que les besoins de main d’œuvre immigrée furent nombreux en France dans les grands centres ferroviaires.
D’autres secteurs de l’activité ferroviaire firent appel à des effectifs importants de main d’œuvre étrangère : le nettoyage et les travaux de voie de la voie en particulier.
D’autres migrations mériteront également un travail de recueil de témoignages ; les « marocains du triage » font partie de l’histoire de ce site industriel qui s’éteint lentement. Ils partent en retraite petit à petit et il ne faudrait pas qu’on les oublie. Ce travail avance lentement mais nous ne désespérons pas de le mener à son terme.
Merci à Souffle de nous faire une place dans ce numéro pour un premier témoignage.

Kaddour fut l’un d’eux. Il est français aujourd’hui retraité de la SNCF.
Il a pris la peine d’écrire le voyage de Casablanca à St Pierre des Corps, celui d’un tourangeau qui a fait du chemin.

Jean-Paul Carlat

« Le 21 février 1970 je fus d’après la liste des candidats convoqué à Souk el Arba du Rharb, pour passer une visite médicale .L’objet de cette visite était de tester notre aptitude physique. On nous a également fait subir des tests psychologiques.
Apres avoir été prévenu par les autorités locales, le 30 avril de la même année Ak., Ch. et moi même, nous nous sommes rendus a Casablanca, à l’office national d’Immigration afin de passer une deuxième visite médicale. Apres avis favorable nous étions aptes pour remplacer trois candidats qui avaient été reformés à la deuxième visite  et compléter le groupe des 21* agents (7 en service de matinée, 7 en service de soirée, , 7 en service de nuit), sollicités par le service exploitation d’Indre et Loire. Le soir même de la 2° visite médicale on nous a fourni quelques victuailles. Puis nous avons pris le train à destination de Tanger.
Le 1°mai nous avons traversé le détroit de Gibraltar et rejoint Algesiras. Puis le soir venu nous avons pris le train pour Madrid (gare d’Atocha).
Le matin du 2 mai les coordonnateurs nous ont fournis en vivres. Nous nous sommes rendus en bus jusqu’à la gare du Nord de Madrid, pour effectuer notre dernier trajet en Espagne. Nous avons atteint Hendaye le 3 mai où nous avons été ravitaillés. Le groupe a patienté la journée durant sur le quai pour prendre le train de nuit pour Paris.
Le 4 mai il fallait se présenter à l’Office national d’immigration ou nous avons été enregistrés.
Apres avoir mangé dans un bistrot il a fallu prendre le métro pour la gare d’Austerlitz et emprunter le train pour St pierre des Corps, où nous attendait le chef de bureau administratif de la gare.
C’est donc par ce voyage inimaginable que j’ai découvert le train, le bateau, vu la mer, traversé plusieurs pays : Maroc, Espagne, France et découvert l’architecture des gares des grandes villes.
Inoubliable pour un jeune qui ne s’était jamais aventuré au delà de quarante kilomètres.
Voila en ce qui me concerne. »

Kaddour

* sur le groupe de 21 arrivés en 1970, 8 resteront au triage SNCF de St Pierre des Corps.

26 mai 2012

Un manga-Souffle

Quand biodiversité rime avec créativité…

par Tony Goupil

À l’heure où le mot écologie est sur toutes les bouches, et l’environnement, un grand domaine de préoccupation, tous les moyens sont bons pour encourager les citoyens à avoir un comportement éco-responsable, et ce, dès le plus jeune âge. C’est dans ce but que Natureparif (agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France) a collaboré avec Apollo Studio afin de réaliser un manga intitulé La nuit du vivant.

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Dans ce manga dessiné par Makoto Nakatsuka, on découvre les aventures de cinq lycéens qui, revenant la nuit dans leur lycée pour braver les interdits, vont faire d’étranges rencontres venues du futur… Ils vont comprendre que préserver la biodiversité est important dans le présent, pour assurer leur bien-être à long terme.

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La France étant le deuxième pays consommant le plus de mangas, passer par ce support semble donc être idéal pour captiver un jeune public. Qui plus est, Natureparif a lancé un concours afin de dessiner la 21ème planche du manga, ce qui permet d’impliquer encore plus les lecteurs dans le projet. Jouant sur l’attractivité, le ludique, le futurisme et l’imagination Natureparif souhaite donc participer, avec ce projet original, à l’éducation à la biodiversité. L’agence francilienne souhaite sensibiliser sans alarmer ou moraliser et suit ainsi les pas de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) qui avait déjà en 2010, commandé un manga interactif contre le tabagisme des jeunes au mangaka Koji Morimoto. Ce manga intitulé  Attraction avait connu un franc succès et remporté un lion d’argent au festival Cyber Lions de Cannes en 2011.

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Bref, la preuve est que le manga devient un média de plus en plus à la mode pour la prévention et l’information. Je vous recommande vivement la lecture de La Nuit du Vivant, en espérant qu’il fasse naître dans les jeunes esprits des tas de résolutions écolos !

26 mai 2012

Les carnets de chantier de Gérard Boivin

vaucanson

Au-delà du point de départ de la ligne (station Vaucanson), les travaux du tramway se prolongent jusqu’au Centre de Maintenance. Pose de la multitubulaire à côté du lycée, pose des rails vers l’entreprise « Métro ».

rue-nationale

Rue Nationale, on a comme l’impression que l’entreprise chargée du secteur met les bouchées doubles depuis quelques temps : ça bouge dans tous les sens !
Je suis assis à l’angle de la rue Berthelot à l’intérieur du chantier, en train de dessiner, quand un homme, armé d’un appareil photo, m’interpelle : « Vous savez qu’avec un appareil photo, ça va plus vite ? » C’est la deuxième fois qu’on me fait le coup…

rue-du-colombier

Je me souviens d’un ami entrepreneur de maçonnerie qui me parlait de son métier en disant qu’il devait toujours penser à celui qui venait après lui sur un chantier, au plâtrier, à l’électricien, au plombier…
Rue du Colombier : j’ai pensé à lui quand j’ai vu les hommes de « TSO Caténaires » être obligés de ressortir les poteaux supports des lignes aériennes de contact (LAC) qu’ils avaient déjà mis en place parce que le câblage installé par d’autres était trop court…

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J’aime bien prendre un peu de hauteur par rapport aux travaux du tramway ! C’est chose faite… Du côté du Carrefour de Verdun.