Magazine Souffle, une bouffée d'air participative en touraine
21 juillet 2012

Souffle 2.0 juillet 2012

Edito

Après 3 ans d’existence, on a eu envie de changement dans notre ligne éditoriale cet été.

La sobriété, ça avait son intérêt du temps du bling-bling de Sarkozy et ses amis, les alternatives écologiques étaient tendance après l’incident de Fukushima, la critique sociale pertinente au temps des suicides à France Télécom… mais maintenant ? Avec la gauche social-démocrate et les écologistes au pouvoir, on va s’ennuyer, non ?

Alors nous avons décidé de voir le positif dans les lignes à très haute tension auxquelles on doit notre confort énergétique, de nous réjouir du retour (enfin !) de la mode flashy, d’enquêter sur les cambriolages dans le sud de la Touraine, de rappeler que les-vélos-aussi-sont-astreints-au-code de-la-route-et-que-quand-un-cycliste-se-fait-buter-c’est-quand-même-qu’il-l’a-un-peu-cherché-faut-pas-exagérer-non-plus, de faire des reportages sur les soirées festives de la Faluche, ou encore de suivre au jour le jour les cours de la bourse et de dénoncer la dictature des bobos khmers verts.

On déconne.

C’est juste qu’on voulait faire réagir nos lecteurs et lectrices ! Leur rappeler que « Souffle » est à leur disposition et qu’il est espace libre, un réceptacle à leurs expériences et à leur point de vue. La vingtaine de contributeurs, occasionnels ou réguliers, qui gravitent autour de « Souffle » ne demande qu’à s’étoffer pour devenir une cinquantaine, une centaine… A Tours et en Touraine fleurissent de multiples initiatives originales, ingénieuses, créatives. Alors, pour ne pas faire la queue à la NR pour qu’on parle de vos activités, de vos découvertes, de votre avis, venez nous raconter tout ça. Mieux encore : racontez-vous même !

Notre petite équipe vous attend et toujours dans le même état d’esprit.

Vérifiez vous-même !

Sommaire :

Vadrouille - Guide : Léa. Croquis : Flow

Des tourangeaux qui ont fait du chemin - Gabriela reviendra ! par Mélina Lhermite

Brève - New Prius helps for environment

Des revues-Souffle “Kaizen”, “Là-bas”, “Causette”, par Léa

Page libre à un poète - 16050 Had-Kourt, par Kaddour

Le boulot c’est pas toujours le bagne - Chaud must go on! par Dji Hash

Souffle-moi dans l’oeil - 6 par Romane

On nous cache rien, on nous dit tout par Bob Ouatéveur

Les carnets de chantier de Gérard Boivin

21 juillet 2012

Vadrouille

Guide : Léa. Croquis : Flow

Vous habitez à Tours Nord, vous vous sentez d’humeur bucolique et vous avez des envies de verdure. Seulement voilà, à Tours Nord, la verdure, il faut la chercher. Puisqu’il faut tout faire soi-même, nous l’avons fait pour vous.

Quelque part dans la rue de la Fosse Marine, à deux pas de la place de la Tranchée, au sein d’un quartier pavillonnaire des plus banal, vous tomberez sur une impasse. Ou plutôt, sur ce qui ressemble à une impasse. Car si vous poussez la curiosité jusqu’à aller au fond de cette impasse, vous tomberez sur le commencement d’un petit chemin insoupçonné qui serpente au milieu des jardins.

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Très vite, vous serez ailleurs. Les voûtes végétales, les lauriers, les hortensias, les cerisiers qui bordent ce sentier et un parfum de chèvrefeuille feront passer le bruit de fond de la ville au second plan.

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Elle se rappellera pourtant brièvement à vous quand vous déboucherez sur un lotissement récent, mais vous trouverez rapidement une issue salutaire à cette importune apparition, car de l’autre côté de la place, le chemin reprend et vous conduira vers d’autres cerisiers.

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De part et d’autre du chemin, des rosiers, des potagers, des cabanes de jardin se succèdent et vous découvrirez ensuite un petit sous-bois, une parcelle libre d’accès sur laquelle vous vous promettrez d’organiser un jour un pic-nic pour tiser avec vos potes.

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Et comme on va pas tout vous raconter non plus, on vous laisse découvrir le reste.

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21 juillet 2012

Des tourangeaux qui ont fait du chemin

Gabriela reviendra !

par Mélina Lhermite

Gabriela Freire de Araujo a 21 ans et a vécu à Tours durant six mois. Début juin, elle est reparti chez elle au nord-est du Brésil, après avoir été tourangelle d’adoption durant un semestre. Nous l’avons rencontrée avant qu’elle parte. Récit d’une aventure riche en émotions.

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Bonjour Gabriela.
Peux-tu nous expliquer d’où tu viens et ce que tu fais dans la vie ?

» Lire la suite…

21 juillet 2012

Brève

Les constructeurs automobile rivalisent de marketing pour persuader les consommateurs que leur voiture préserve l’environnement. Pour un peu, elles sauveraient même la planète. Le journal satirique américain « The Onion » , spécialiste des parodies et fausses nouvelles, a imaginé ce que pourrait être l’ultime discours publicitaire en la matière avec un faux clip pour Toyota (dont la réaction ne saurait tarder) à l’humour pour le moins noir. Un peu trash mais fort bien foutu.

21 juillet 2012

Des revues - Souffle

Par Léa

* Kaizen

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Kaizen est un nouveau magazine écolo-alternatif sorti en mars dernier.

Issue du mouvement des Colibris, initié par Pierre Rabhi, et plus précisément né de la rencontre de Cyril Dion (directeur du Mouvement Colibris), de Yvan Saint-Jours (fondateur et rédacteur en chef du magazine La maison écologique) et de Pascal Greboval, (journaliste et photographe indépendant pour Terre vivante, La maison écologique, Rustica…), cette nouvelle parution m’est apparue forcément sympathique mais aussi un peu « déjà vu » ou « une de plus ! ».

J’ai donc profité des vacances pour enfin mettre le nez dedans et voir ce qu’il en était, avec le n°3, juillet-août 2012, actuellement en kiosque.

Et ce fut une très bonne surprise. Comme le dit le manifeste, « il ne s’agit pas de proposer ici un énième catalogue de solutions. Les initiatives, pour elles-même, nous intéressent moins que l’esprit qui les porte ». « Avec créativité, humour, légèreté et rigueur, nous nous engageons, au fil des pages de Kaizen à inventer un nouveau rêve, et à le concrétiser en même temps ».

Cyril Dion explique que : « Kaizen est un mot japonais qui signifie ‘changement bon’. Mais c’est également une méthode : celle de l’amélioration continue. La perspective de changer brutalement réveille nos peurs et attise nos résistances. Commencer par un petit pas, puis en faire un second et se mettre alors en marche, chaque jour, peut nous conduire à de grandes transformations. »

Ainsi, tout au long des pages et des articles divers, on ressent en effet l’effort de mise à la place du lecteur, à quelque degré qu’il soit dans sa démarche alternative, et d’incitation à la concrétisation : témoignages, fiches pratiques, adresses, … ; les sujets techniques sont traités de façon extrêmement simple et claire (dans ce numéro : une analyse de cycle de vie d’un livre) ; les articles « de fond » ont leur place (dans ce numéro : un entretien avec Michel Onfray sur l’idée « d’antispécisme », une réflexion de Pierre Rahbi sur l’éducation) mais sont assez courts et accessibles.

Les thématiques abordées englobent l’ensemble des questions de société (santé, économie, agriculture, habitat, éducation, etc.) , les contributeurs viennent d’horizons divers, à l’image de cette société rêvée, qui se veut globale, plurielle…

Le graphisme est sobre mais les photos et les dessins sont de qualité et ont une place importante.

Quelques pages de « pub » sont insérées mais les produits présentés sont en totale cohérence avec l’état d’esprit du magazine.

Alors quels bémols?

Malgré l’état d’esprit « grand public » et les efforts remarquables d’accessibilité, bien-sûr le magazine pourra difficilement toucher des personnes non déjà sensibilisés aux questions, et semble s’adresser à des personnes d’un certain niveau socio-professionnel (je pense notamment au sujet « Je n’ai pas été à l’école » avec l’interview d’une maman qui a prodigué l’école à la maison à ses enfants jusqu’au bac).

Peut-être aussi que tout semble un peu “facile” et que l’importance des luttes pour le monde d’aujourd’hui et celui de demain est un peu oubliée.


* Là-bas

« Là-Bas » est un magazine sur la solidarité internationale, il s’intéresse à tout ce qui concerne l’humanitaire et l’aide au développement à destination des pays du Sud.

Le 5ème numéro, « été 2012 », est en ce moment dans les kiosques.

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Quel lien avec Souffle ? Eh bien c’est Titwane, illustrateur tourangeau qui nous avait offert quelques précieuses contributions (numéros 2 et 3), qui en illustre les Une !

Du coup on a feuilleté , et on a aimé, le graphisme esthétique, et les sujets abordés.

Dans chaque numéro un dossier (le commerce des armes, les difficultés de la reconstruction à Port-au-Prince, le tourisme solidaire pour le dernier numéro…) et différents articles d’infos, de réflexion, d’enquête.

Bien-sûr plutôt destiné aux professionnels et aux bénévoles actifs du milieu,  la ligne se veut “grand public” et il est tout à fait accessible à tout-e-s.

* Causette

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Ça fait des mois que je veux parler de Causette aux lectrices et lecteurs de Souffle qui à tout hasard ne connaitraient pas…

Mais qu’en dire “objectivement” alors que je suis fan !!?

En quelques mots : Causette c’est une revue mensuelle “plus féminine du cerveau que du capiton”. 90 pages de pertinence, de bravoure, d’humour, d’émotion…

Avec bien-sûr des sujets qui concernent plus directement les femmes (par exemple “la vulve du bout des lèvres” dans le dernier numéro) mais aussi des débats politiques et des reportages soulevant des problématiques socio-économiques.

Car oui, il semblerait bien que tout soit lié selon Causette :-) statut et droits des femmes, normes amoureuses et sexuelles, rapports de hiérarchisation, système économique et social…

En tout cas, le dernier numéro nous emmène en reportage vers “L’odyssée des grecs ruinés”, qui mettent le cap sur l’ile de Chios. “Une île où l’on peut créer son emploi, retaper une maison et vivre du potager”.
C’est dur, il y a des larmes, de la nostalgie, et de longues journées, mais de beaux projets, de la solidarité, et de nouvelles vies qui commencent sans dépendance aux banquiers!

Bonne(s) lecture(s)!

21 juillet 2012

Page libre à un poète

Précédemment, Kaddour nous offrait le récit de son voyage du Maroc au triage de Saint-Pierre-des-corps ; quelle surprise de recevoir quelques jours plus tard un texte poétique nous transportant dans sa région natale …

Au Maroc entre terre arable et terrain rocailleux, Had-kourt, mon bourg natal où travail et rémunération sont soumis aux conditions climatiques.

C’est comme un souvenir de tout le lyrisme attaché depuis l’Antiquité à la vie des champs, qui passe ici

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Sobre, minérale, rouge-orangé, inhospitalière de prime abord mais douce, poétique finalement, une création divine ; par un panorama de trois cent soixante degrés, elle analyse le spectre des étoiles de la voie lactée, la colline de HAD-KOURT apparaît sous un charme mystérieux, on eut dit qu’elle se négligeait ; elle avait laissé pousser un bois d’eucalyptus. Attrait de la conquête, c’est un bois qui protège les terrains contre l’érosion, accueille les nids des oiseaux sur ses branches. A bien observer, c’est une émeraude suspendue au cou de cette colline, qui se dresse en plein soleil pour bronzer.

L’aube gris- rose représente la vie éternelle, l’astre solaire pointe son nez, caresse les reliefs arrondis du Djebel .Où jadis sur la roche fraîche et primitive se trouvait une cité connue sous le nom de Kort, signalé en ruine par l’historien EL BEKRI au onzième siècle. Mais, l’Homme architecte depuis la nuit des temps, a aussitôt reconstruit sur l’emplacement de ses illustres aïeux .   Chaque jour une magnifique scène se joue dans ce lieu reculé. Le soleil lance ses rayons sur la colline ; les lumières colorées à travers les fondaisons dessinent des arabesques, tandis que vers le ciel d’azur la rosé en l’air s’évapore ; l’espace devient alors une sorte de figure de la conscience, que caractériserait la liberté du rêve.

L’HAD (dimanche) jour du souk, les exposants quadrillent la place, se regroupent entre eux en corporation, partagent l’aire du marché avec ceux arrivés la veille. Les paysans espèrent tirer un bon profit de la vente de leurs bestiaux, d’autres installent leurs éventaires, où ils harponnent le chaland. Non loin des cubes de bois on trouve les barbiers-coiffeurs, juste à côté les potiers exposent le résultat de leurs savoir-faire qui fait corps avec le sentiment de la nature et les as de récupération recyclent les pneus en cruches.

On achète et on vend de tout. Vêtements, tissus, meubles, bijoux. La nourriture abonde : bestiaux, volailles, poissons, céréales, légumes, fruits, produits de beauté ancestraux, d’autres importés, conservés, le tout exposé sur un plastique à même le sol ou sur des tables à tréteaux bringuebalantes. Les badauds flânent, bruyants, curieux dans l’enchevêtrement de passages où se mêlent les parfums des épices, des braises et de viande grillée : mettant tous les sens en alerte. Tandis que la multitude s’agglutine dans une ambiance de kermesse. L’expression des sentiments y est évidente.

Sur le sentier gonflé d’herbes vert véronaise ; baigné par une chaude lumière dorée aux accents argentés, des retardataires se pressent .Un cheval hennit joyeusement, ses sabots sautes et piétinent les pétales, sa crinière vole au vent ses naseaux fument. Posé sur un figuier une tourterelle roucoule. Dans la campagne fleurie si l’oiseau se cache parmi les feuillages cela rend son chant plus agréable encore. Les belles dames aspirent avec leur longue trompe le nectar des fleurs. Le ciel enveloppe de sa transparence les figures des filles coupant les rameaux des genêts pour fabriquer des balais. Le chien sorti d’eau s’ébroue près d’elles.

Quel tintamarre entre la voix du haut-parleur pour promouvoir le produit, et d’interminables palabres, pour se mettre d’accord sur le prix .L’émotion qu’on éprouve au marché n’a plus cours que brut. La clochette du porteur d’eau tintinnabule et ainsi adoucit l’ambiance, et le contenu de l’outre rafraîchit le gosier.

Comment mieux résumer la volonté, l’ambition et, en même temps la pérennité de l’âme KORTIE que par cette scène ?

Je me suis mis à l’écart pour me débarrasser un peu de la poussière soulevée par les pas lourds, je passe un mouchoir sur le visage, les cheveux et les chaussures. Avec le revers de la main je secoue mes habits. A l’ombre de l’eucalyptus le temps s’égrène.

Assis sur un bât, à côté d’un plateau en inox ou se tiennent des verres imprimés d’un décor doré, je me désaltère avec un thé à la menthe, je devine un génie : C’est le reflet de la théière sur la carrosserie de la voiture ; je perçois l’allure des mules et des ânes. Instant de rêve et de pause.

La colline vit la vie ordinaire des hommes. Et instruite ainsi, elle leur transmet les fruits, du don que la nature lui a accordé ; elle conduit de cette manière, les hommes vers le bonheur  vers cette union que leur recommande la vie.

Had-Kourt est le coin des paradoxes : charrue tirée par deux mulets, tracteur menant plusieurs disques ; faucille et moissonneuse-batteuse ; charrette à cheval et camion ; eau du puits, et celle du robinet, lampe à pétrole, et électricité etc.…

A la campagne, les paysans vivent au rythme des saisons. Le lien entre l’homme et la nature est permanent. Il s’en dégage quelque chose comme le sentiment d’une communion profonde et presque solennelle avec l’esprit même de la nature.

Le quotidien, en apparence est banal et futile, mais en réalité tout y est contenu : il est riche, immense, émouvant.

Kaddour.

20 juillet 2012

Le boulot c’est pas toujours le bagne

“Chaud must go on!”

Ce soir, restau : on s’installe, on se met les pieds sous la table, on est là pour manger sans trop se poser de questions et surtout pas sur ce qui s’y passe avant ou après notre repas, dans ce restau. Vu le prix qu’on paie, y a des limites à l’empathie. Dommage, on passe à côté d’un film à sketches qui vaut son pesant de hareng pommes à l’huile. Dji Ash, notre agent infiltrée chez les dingues, nous raconte. Chaud devant !

Neuf heures du mat’, ouverture du restau.

Forcément tout le monde a la tête dans le cul, la soirée de la veille a été longue, que ce soit au boulot, ou ailleurs pour les chanceux qui ne bossaient pas ! Toute l’équipe partage un café. Le responsable de salle et la serveuse qui est de corvée ce matin là s’occupent de les faire couler. Double sans sucre pour le chef de cuisine, et expressos pour ses commis. La serveuse commence à se foutre de la gueule du chef, apparemment hier, il a pas bu que de l’eau… Enfin, de là à danser sur « Saturday night fever »… Ça explique peut être les lunettes noires à la Travolta.

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Petite prise de bec entre le responsable de salle et un commis. A priori, il y a eu du grabuge sur le service de la veille. Une sombre histoire de ver dans une salade… D’après le commis, ça prouve qu’elle est fraîche !

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Café terminé, la hiérarchie reprend ses droits. On est plus des potes de soirées, on est au boulot. Pas besoin de distribuer les tâches, chacun sait ce qu’il y a à faire.  Comme une horloge suisse, ou parfois un ballet de Pina Baush… Les yeux loin d’être en face de leurs trous, chacun se dirige vers son poste… Bons petits soldats. Petite précision ici, celui qu’on appelle le responsable de salle, c’est souvent tout simplement celui qui a les clés du restau. Il est payé 100€ de pus que les « simples serveurs », se tape deux fois plus d’heures, a l’insigne honneur de compter les sous à la fin d’une journée, souvent de faire les plannings et donc de se mettre tout le monde à dos. Pour la direction, il est « une interface indispensable entre les employés et les décideurs », chez macdo, c’est le manager. Souvent, il a commencé dans le restau sa carrière en temps que serveur, et est en tout points form(at)é pour l’établissement. Bref, c’est une bonne pâte (à modeler).

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Donc, ce fameux responsable, allume les lumières et la musique en salle et assume la tâche, Ô combien gratifiante de recevoir et vérifier les livraisons. Fûts de bières et boissons diverses transitent, sous son œil expert, dans les impraticables escaliers qui mènent à la cave. Pendant ce temps, le serveur – Etudiant, sans formation, payé au smic, mais travailleur… Après tout, pour la première fois de sa vie, il a un salaire. Les gens qui ont déjà du métier demandent un salaire plus élevé, et en plus ils ont déjà de l’expérience, ce qui en soit est un problème pour une boîte, on ne peut pas en faire ce qu’on veut…- le serveur, donc, a donc sorti du placard balais et plumeaux, et s’affaire, soulevant les chaises, déplaçant les tables à rendre le lieu vierge des traces des convives de la veille. Un verre cassé planqué derrière une plante, des taches de vin sur la banquette de la 7… Autant de boulot supplémentaire en perspective.

En cuisine, musique à fond, le chef a accueilli les livreurs et dispatché les denrées entre la chambre froide, les congels et l’économat… Ah, oui… pardon, l’économat… c’est la réserve sèche… euh… en clair, là où l’on met tout ce qui n’a rien à faire dans un congélateur ou un frigo… La farine, les œufs, les serviettes de table, les pailles, le chocolat en poudre… bref, tout ce qu’on met pas au frais !

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Pendant ce temps, les commis dissertent sur les mensurations de Jennifer Lopez, de Shakira, de la serveuse (si si, la petite Jess’, mais si tu vois qui c’est ! tout le restau se l’est faite ! pas toi ? Ça va venir, t’es là que depuis un mois !) tout en coupant, cuisant, surveillant les marmites sur le feu.

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11h10. Et merde, le repas du « perso » (nel). La serveuse vient de leur rappeler qu’ils étaient 4 à manger. Pas vraiment le temps de faire une préparation élaborée… De toute façon le gars qui cuisine ne mangera pas, il ne mange jamais, enfin, pas ici ! Ce sera comme la veille et l’avant-veille, pâtes et cordons bleus. On ne passe plus les restes de plat du jour ; la dernière fois, la moitié du staff est tombée malade. Après tout, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés.

10 minutes, et le repas est prêt. La salle (sous entendu, les personnes qui sont en salle. Dans la restau (ration) chaque équipe est comme une entité à plusieurs têtes, ainsi « la salle »pour l’intégralité des gens qui travaillent à la vue des clients, et « la cuisine » pour tous les autres, plongeurs inclus.) a même pas mis la table. Ils sont encore à la bourre ! Et non, même pas, ils fument leur clope dehors, les feignasses ! Allez, tout le monde à table, on a que 30mn pour avaler la bouffe, la caféine et la fumée, se changer et être en place ! Les serveurs se plaignent de manger, d’une part, tout le temps la même chose, et d’autre part, de la merde ! Pff, t’as peur de quoi la grosse (Dans la restau, on s’encombre assez rarement de mondanités) ? De plus rentrer dans ton 44  ? Ils ont qu’à la faire la bouffe s’ils sont pas contents ! Tiens, ben le responsable de salle est allé s’acheter un sandwich.

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11h45, l’équipe du midi commence à arriver. Les serveurs, les yeux pleins de sommeil rejoignent la table avec leurs cafés. La salle du matin monte se mettre en tenue de service pendant que les fraîchement levés redressent la table qui a servi au repas boudé par le personnel. « Redressez une table », c’est tout simplement remettre des couverts et des verres propres après l’avoir nettoyée, et pas arriver avec les clous et le marteau pour la mettre d’aplomb. Encore que ça peut aussi arriver.

11h55, dernières vérifs. Le chef arrive et informe le responsable de salle qu’il n’y a que deux entrecôtes. Il aurait pu lui dire avant, c’est n’importe quoi. On ne commence pas un service sans came à vendre. Putain, depuis 9h du mat’, il s’est pas dit qu’on aurait pu trouver à se faire dépanner ? Putain ! 11h57 ! Et puis merde Jess’ ! Merlot ça s’écrit pas « eau » ! Refais ce panneau avant qu’on passe pour des branques ! Comment ça ça fait deux semaines que c’est comme ça ? La preuve qu’il faut plus qu’il parte en vacances !

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11h58, les clients sont devant la porte…

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20 juillet 2012

Souffle-moi dans l’oeil - 6

par Romane.

Je me présente, Romane, artiste en devenir.

Non c’est très prétentieux… plutôt en apprentissage. Je ne me rappelle pas de quand date ma passion pour la photographie, peut être de ma collection de photos anciennes trouvées en brocante ou dans les greniers poussiéreux, bébés à bouilles réjouies ou photos de famille sévère…

En tout cas, depuis toute petite, l’appareil photo familial est le prolongement de mon bras, et j’adore mitrailler mon entourage. Si bien qu’au final, dans les archives il n’y a pas beaucoup de clichés de moi, étant presque toujours derrière l’objectif ! C’est au lycée avec mon option lourde arts plastiques que je me suis mise à vraiment envisager la photographie comme un moyen d’expression et un formidable transmetteur d’émotion.

Alors j’ai découvert le fabuleux univers de la retouche informatique et de Photoshop, qui m’ont permis de vraiment exploiter mes clichés. J’aime beaucoup aborder les thèmes de la pureté, le rapport au corps et à la nature, le fantastique. Ma route vers un idéal artistique est encore très longue, mais je continue le rêve en entrant en MANAA (Mis à Niveau Arts Appliqués) à Roubaix l’année prochaine, dans l’espoir de percer dans le milieu de la communication visuelle.

Bon voyage dans mon univers !

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20 juillet 2012

On nous cache tout, on nous dit rien

Par Bob Ouatéveur

La litanie est vielle comme le monde social. Qui croire ? Comment savoir ? Que choisir ? De toute façon on n’en saura jamais rien et ils feront bien ce qu’ils veulent et c’est même pas a peine d’essayer de comprendre allez, au lit. On feint de s’en plaindre, mais finalement c’est bien pratique ; sans infos consistantes, sans élément concret, sans données, on peut à loisir spéculer, râler, alimenter nos conversations de bistrot du commerce (Il y a aussi un bistrot du commerce de gauche, si si.), relayer les poncifs, les mythes, les préjugés et, au passage, se débarrasser de nos responsabilités à peu de frais. C’est sans conséquence… pour soi. Personnellement, au mieux ça me saoûle, au pire ça m’inquiète.

On nous cache beaucoup, certes. On ne nous dit pas grand chose, c’est entendu. Alors voici une petite liste, évidemment non-exhaustive et un peu en vrac, de quelques sources d’infos diverses concernant, pour faire court, la vie publique.

Légifrance

Service public de l’accès au droit : Lois, règlements, décrets d’application, textes constitutionnels, codes… On peut s’y abonner gratuitement au Journal Officiel et le recevoir par mail tous les jours (Y a même les résultats du Loto dedans).

www.legifrance.gouv.fr

La Documentation française

Maison d’édition issue de la Direction de l’information légale et administrative (Dila). On peut y prendre connaissance gratuitement de tous les rapports publics, dont ceux de la Cour des Comptes, chargée de contrôler la régularité des comptes publics. Mais pas seulement.

www.ladocumentationfrancaise.fr

Insee (institut national de la statistique et des études économiques)

Une mine : de l’Agriculture à l’Enseignement en passant par les conditions de vie, des données plus objectives qu’on ne pourrait le croire. A chacun de les croiser.

www.insee.fr

L’Observatoire des inégalités

Eux, ils les croisent, les données. Tout est dans le nom de cette petite structure, composées de chercheurs et de journalistes, qui abat un énorme boulot. Revenus, emploi, accès à la culture, éducation, sexe, âge, catégories sociales… Ce n’est pas un scoop, mais l’égalité, c’est pas pour jeudi prochain. Sauf si on se met au boulot…

www.inegalites.fr

La Chaîne parlementaire (LCP)

L’Assemblée Nationale et le Sénat se donnent (un peu) à voir, avec entre autres, la retransmission des séances. Pour le fun.

www.lcp.fr

Wikipedia

On pense ce qu’on veut de cette encyclopédie collaborative en ligne, mais elle reste une excellente introduction à la découverte de bien des domaines. Pour ce qui nous concerne ici, vous pouvez commencer par une recherche sur « Assemblée nationale » et de lien en lien, vous pourrez faire le tour de toutes les institutions publiques et connaître leur histoire et leur fonctionnement.

http://fr.wikipedia.org

Encore une fois, c’est très peu de choses et il y aurait des dizaines d’autres sources à mentionner ici. Si vous avez d’autres plans, on achète. La connaissance de la citoyenneté, ça se partage. Remettez-nous ça, patron.

19 juillet 2012

Les carnets de chantier de Gérard Boivin

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A Joué-lès-Tours, dans le haut de la rue des martyrs (c’est là que se trouve le plus fort pourcentage à grimper pour le futur tramway et non dans la Tranchée), un mur de soutènement en béton a été construit : il a fallu creuser le talus, implanter des pieux en béton pour permettre le passage et la construction de la future plate-forme du tram.

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L’avenue Maginot : alors que de nombreux tronçons avancent à grands pas (rails posés, revêtement aussi, aménagement des abords et des futures stations), d’autres sont au ralenti (rue de Jemmapes, îlot Gentiana…). Ici, il y a plusieurs mois de retard qu’il va falloir rattraper en interdisant la circulation durant une grande partie de l’été, au grand dam des commerçants ! Retard dûs à des problèmes rencontrés avec certaines canalisations qui gênaient l’implantation des massifs de ligne aérienne.

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Au Centre de Maintenance (« livraison » prévue fin août comme je l’avais laissé entendre dans un billet précédent), le bâtiment central est presque terminé. Aux abords, les mâts destinés à supporter les lignes aériennes sont posés et des équipes s’affairent à tendre les câbles qui les recevront bientôt.


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Le pont sur le Cher, « mâté » depuis que ce dessin a été commencé, attend la pose des rails pour cet été. La mise en circulation du tram est prévue pour mars 2013 sur le pont. Il ne sera pas seul à le franchir, puisque piétons, cyclistes et bus seront aussi autorisés à l’emprunter.

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Tout à côté du lycée Jean Monnet, terminus sud de la ligne, se poursuit la construction de la sous-station de redressement qui permet de convertir la moyenne tension fournie par ERDF en tensions plus faibles adaptées à la circulation du tram. Dans le même corps de bâtiment se trouveront les locaux du parking-relais et de la future station Jean Monnet.

NDLR : J’exposerai des dessins à la Galerie Nationale du samedi 8 au samedi 15 septembre 2012

Bonus : voici quelques dates importantes quant à la suite des travaux du tram (sources CitéTram)

- 5 septembre 2012: arrivée de la rame du tram
- octobre 2012 : fin des travaux de la ligne pour les secteurs Tranchée/Place Choiseul/Rives du Cher et Sanitas
- fin octobre 2012 : début des essais du tram entre le Centre de Maintenance et le Beffroi
-14 décembre 2012 : réouverture du Pont Wilson dans un sens et fin des travaux dans la Rue Nationale

- fin des travaux prévue sur tous les secteurs en avril 2013 et début des essais sur toute la ligne